mardi 25 septembre 2012

La bataille d'Alep vue par un journaliste irakien


J’espère que personne n’a traduit cet article parce qu’il est long et qu’en ce moment j’ai beaucoup de boulot.

Ghaith Abdul-Ahad est un journaliste Irakien qui a couvert diverses zones de conflit et qui couvre actuellement les affrontements en Syrie.
Il a pu circuler de la frontière turque à Alep, au contact de ceux qui combattent les forces gouvernementales, dont des étrangers de toutes origines.
Certains de ces combattants étrangers sont des idéalistes sans expérience de la guerre, tandis que d’autres se sont aguerris sur d’autres théâtres d’opérations.
On peut bien sûr supposer que des mercenaires ou des membres de forces étrangères se trouvent parmi eux.
Ce qu’on retient aussi de ce long article, c’est qu’à Alep tout du moins, la bataille est perdue pour les milices qui s’opposent à l’armée gouvernementale.
Et que seuls les Syriens doivent être tenus dans l’ignorance de ce fait.
Bien entendu, l’issue de la bataille d’Alep ne signifie pas que la crise en Syrie est en passe d’être résolue car la solution sera forcément politique sur la base de principes acceptés par toutes les parties au conflit.
Et c’est là que l’issue de cette bataille pourrait jouer un rôle important, en influant par exemple sur l’attitude des forces d’opposition et pourquoi pas en induisant une recomposition de ces dernières. La condition étant que l’opposition irréductible au régime cesse d’agir en fonction de ce qu’elle croit être les attentes de ses tuteurs étrangers et que l’hypothèse d’une intervention militaire étrangère soit définitivement écartée.
On verra bien.
Sinon l’article recèle un ou deux morceaux d’anthologie, comme les propos de cet ancien militaire Jordanien d’origine palestinienne qui explique tranquillement que 50 % des problèmes de la Palestine viennent de l’entité sioniste et les 50 % restants du gouvernement syrien qui a « détruit le monde arabe. »
Et ça, c’est quand même fort de café de la part de quelqu’un qui a servi une monarchie qui a longtemps prétendu s’approprier la Cisjordanie, qui est responsable du fameux «Septembre noir» et que, par méfiance, les armées syrienne et égyptienne avaient évité de mettre dans la confidence de leurs projets d’offensive contre l’entité sioniste en octobre 1973.
Des propos qui nous donnent une idée du genre de cinglés auxquels et confronté le gouvernement syrien.


Des vétérans du djihad en Irak, au Yémen et en Afghanistan rejoignent des idéalistes étrangers inexpérimentés sur la ligne de front à Alep
Par Ghaith Abdul-Ahad The Guardian (UK), 23 septembre 2012

‘’Soldats! Soldats! ‘’L'homme avait craché son avertissement tout en courant, deux balles d’un tireur d'élite de l’armée gouvernementale soulevaient la poussière du chemin de terre derrière lui.

C'était suffisant pour Abou Omar al-Tchétchène. Son groupe hétéroclite de combattants étrangers, connu sous le nom de «frères Muhadjiroun", était tapi à l’entrée d'un immeuble incendié dans le quartier de l'université d'Alep. L'un des frères - un Turc – gisait sans vie au coin de la rue et un deuxième frère se trouvait à côté de lui, grièvement blessé et incapable de bouger. Le tireur d’élite les empêchait de se porter à son secours.

Abu Omar donna un ordre en arabe, aussitôt traduit dans un murmure de langues différentes – tchétchène, tadjik, turc, français, dialecte saoudien, ourdou – et les hommes se retirèrent en bon ordre en file indienne, se frayant un chemin entre des tas de détritus fumants et de bouteilles plastique tordues en direction d’une maison derrière la ligne de front où d’autres combattants s’étaient rassemblés.

Leur superviseur Syrien restait debout seul dans la rue, tenant deux radios, une qui hurlait en tchétchène et l’autre en arabe. Deux hommes s’étaient portés volontaires pour rester et essayer de ramener le jeune blessé.

Les combattants se sont assis à l'extérieur de la maison à l'ombre des arbres, serrant leurs fusils et discutant de la guerre. Parmi eux se trouvait un Saoudien mince, vêtu d'un T-shirt noir et sale et d’un bonnet de prière, qui conversait dans un anglais parfait avec un Turc assis à côté de lui. Il était arrivé la semaine précédente et était curieux de savoir comment on parlait du djihad à l'étranger.

 «Que disent sur nous les agences de presse étrangères et le monde extérieur ? » avait-il demandé. «Sont-ils au courant des combats à Alep ? Savent-ils que nous sommes ici ?»

Des centaines de combattants étrangers ont afflué en Syrie pour participer à la guerre contre le régime de Bachar al-Assad. Certains sont des idéalistes naïfs animés d’une vision romantique de la révolution ou d’une haine contre les Assads. D’autres sont des djihadistes vétérans d’Irak, du Yémen et d’Afghanistan.

Pour aller faire la guerre dans ces ays, les combattants étrangers devaient franchir des frontières avec de faux passeports et échapper aux services secrets. La ligne de front syrienne est plus facile à atteindre par un vol confortable vers le sud-est de la Turquie puis un passage de la frontière à pied.

Selon le Saoudien, le passage de la Turquie à la petite ville syrienne d’Atmeh a été facile. Là, dans un paysage vallonné parsemé d'oliviers, les recrues ont été réceptionnées par un Syrien qui dirige un camp djihadiste puis organisés en unités de combat. Chaque équipe s’est vue assigner un arabophone et a subi une formation de base de 10 jours, dont l’objectif n'était pas de leur apprendre à tirer, mais d'apprendre à communiquer et à travailler ensemble.
Les combattants ont ensuite été répartis entre les différentes organisations djihadistes, y compris Ahrar al-Sham («les hommes libres de la Syrie») et Jabhat al-Nusra («le Front de l'aide du peuple du Levant»). Certains, comme les Tchétchènes Abou Omar, ont été autorisés à former leurs propres unités et simplement désignés comme les Muhajiroun, ou «immigrés». Les Syriens se référer aux étrangers sous l’appellation collective de "frères turcs".

L’hétérogénéité  de la capacité au combat chez ces hommes était une évidence immédiate. Les Tchétchènes étaient plus âgés, plus grands, plus costauds et portait des bottes de randonnée et des pantalons de combat. Ils portaient leurs armes avec confiance et se tenaient à l’écart des autres, fonctionnant comme un unité soudée à l’intérieur d’une unité plus large. Un des Turcs était un ancien soldat qui portait sangle et équipement de style occidental, tandis que les trois Tadjiks et le Pakistanais étaient à l’évidence des pauvres. Leurs pantalons étaient trop courts, leurs chaussures vieilles et déchirées.

Les hommes étaient aussi secrets, notamment dans leurs relations avec l’Armée Syrienne Libre. Quand les Syriens leur ont demandé d’où ils venaient, un francophone blond a répondu qu’ils étaient Marocains, les Tchétchènes ont dit qu’ils étaient Turcs et les Tadjiks ont dit qu’ils étaient Afghans. Sur les marches d’une école réquisitionnée, derrière fragile barricade de tôle ondulée et un tonneau, un groupe de Libyens était assis et se plaignait du manque de munitions. Ils étaient arrivés la veille et avait déjà perdu l’un des leurs tombé sous le feu d’une mitrailleuse de l’armée syrienne. « C’est une révolution faible, très faible. Nous sommes dans sa deuxième année et ils n’ont toujours pas assez d’armes et de munitions, » se plaignait un des Libyens.
A l’intérieur de l’école, il y avait un Jordanien qui allait souvent sur la ligne de front avec son fusil belge pour lequel il n’avait que onze cartouches. C’était un ancien officier, laïque et bien rasé de l’armés jordanienne [le journaliste déduit du fait qu’il était bien rasé que cet homme était ‘secular’, non pratiquant, non croyant ou laïque selon le contexte,  NdT] qui vivait en Europe de l’Est où in gérait une affaire d’import-export. Il était venu à Alep sans dire à sa femme et à ses enfants où il se rendait.

 «C’est mon devoir, » disait-il. «A l’origine, je suis de Palestine. Je sais ce que ce régime [syrien] a fait aux Palestiniens, bombarder des camps au Liban, assassiner des commandants. La moitié des souffrances de notre nation sont à cause d’Israël et l’autre moitié à cause du régime syrien.

 «Beaucoup d’hommes Arabes que je connais veulent venir et combattre. Certains manquent de moyens, d’autres d’énergie, mais tant de gens détestent ce régime. Pendant 20 ans, ce régime a détruit le monde arabe.»

Si certains des combattants à Alep étaient inexpérimentés, d’autres comme Abu Salam al Faluji se vantaient d’une expérience extraordinaire. Abu Salam, un robuste Irakien avec un keffieh noir enroulé autour de la tête, a déclaré avoir combattu les Américains à Falloujah, quand il était un jeune homme. Plus tard, il a rejoint al-Qaïda en Irak et passé des années à combattre dans différentes villes avant de passer en Syrie pour échapper à une arrestation. En ce moment, il commande une des unités de Muhajiroun.

Je l’avais trouvé alors qu’il observait une discussion animée entre deux comandants Syriens sur la manière de défendre une ligne de front au bord de l’effondrement.

L’attaque gouvernementale avait commencé comme prévu, et des obus de mortier explosaient dans les rues voisines, le bruit du tir des mitrailleuses se répercutant entre les immeubles. Les mortiers martelaient durement les murs, provoquant une petite pluie d’éclats et de chute de verre, mais Abu Salam restait là, impassible. Un Syrien, haletant, expliquait avoir tiré trois fois sur le tank, mais que la roquette du RPG n’était pas partie.


«Ne dis pas qu’elle n’est pas partie, » l’a admonesté Abu Salam. « Dis que tu ne sais pas comment tirer avec. Nous nous servions des mêmes RPGs contre les Américains et nous détruisions des tanks Abrams. Qu’est-ce qu’un T72 par rapport à un Abrams ?
«Notre boulot est de nous concentrer sur les engins explosifs improvisés (IED) et les tireurs embusqués, » a-t-il dit à l’assemblée. Il faut des tireurs au sommet de tous ces toits et des IEDs au sol. On les traque dans les ruelles et puis on utilise les mitrailleuses et les RPGs aux angles de rues. 

 «Le problème, ce n’st pas les munitions, c’est l’expérience,» m’a-t-il expliqué hors de portée de voix des rebelles. «Si nous étions en train de combattre les Américains, nous serions tous morts en ce moment. Ils nous auraient tués avec leurs drones sans même avoir besoin d’envoyer un tank.

«Les rebelles sont courageux, mais ils ne savent même pas la différence entre une balle de Kalashnikov et une balle de fusil de précision. Ce qui affaiblit le moral des hommes.

 «Ils n’ont aucun leadership et pas d’expérience, » dit-il. «Des types courageux vont à l’attaque, mais ceux qui sont sur les lignes arrière se retirent les laissant à découvert. C’est le chaos. Ce matin, les frères Turcs qui avaient combattu toute la nuit se sont endormis à l’aube avec une ligne de Syriens derrière eux pour les protéger. A leur réveil, les Syriens étaient partis et les tireurs d’élite de l’armée avaient avancé. Maintenant, c’est trop tard. L’armée a pénétré dans les rues et va nous déborder.»

Il semblait aborder la perspective d’une défaite avec nonchalance.

«Il est évident que l’armée syrienne est en train de gagner cette bataille, mais nous ne le leur dirons pas [aux rebelles]. Nous ne voulons pas leur casser le moral. Nous leur disons que nous devons tenir ici aussi longtemps que Dieu nous en donnera la force et peut-être fera-t-il en sorte qu’une de ces puissances étrangères vienne en aide aux Syriens.»

L’ironie d’une situation qui voit djihadistes et Américains – ennemis jurés de ces dix dernières années – se retrouver combattant à nouveau du même côté n’a pas échappé à Abu Salam.

Avancer

Abou Omar, le commandant tchétchène, a donné ordre à ses hommes d'avancer pour essayer de reprendre leurs positions perdues autour de l'Université des sciences.

Les soldats syriens avaient arrêté leur avance et retiré leur blindé, ne laissant que les tireurs d'élite. Une voiture criblée de balles était toujours en feu, une carcasse de bus qui se trouvait à quelques mètres était encore fumante, et des flammes orange et de la fumée noire sortaient du premier étage d'un immeuble.

Mais trois des hommes d'Abou Omar ont été cloués au sol par des tireurs d'élite, tandis qu’un autre qui s’était mis debout pour tirer sur le tank avec un RPG s’est retrouvé criblé de balles.

Deux Tchétchènes étaient déjà dans le milieu de la place. Ils se sont cachés derrière un muret de pierre tandis que des balles criblaient le bord du muret. Abou Omar a discuté en arabe classique fortement accentué avec un officier syrien sur la façon de sauver ses hommes. Une colonne de Syriens a gravi un immeuble et a essayé de tirer sur le sniper.

  
Au bout d’une heure, la fusillade a diminué et les deux hommes ont couru à travers la ruelle. Ils zigzaguaient et sont tombés à terre. L'un d'eux était trapu, son T-shirt gris déchirés et couvert d’une tache de sang. Un petit éclat d'obus était fiché dans le côté gauche de sa poitrine. Il l’a extrait avec ses doigts et l’a passé à ses amis pour qu’ils l’examinent. Puis il a souri.

Dans un arabe approximatif, le Tchétchène a expliqué comment c’est arrivé.

 «Pendant une ou deux heurs, nous étions là-bas, mais le sniper nous tirait trop dessus,» dit-il. «Nous nous sommes déplacés sur la gauche et le frère est allé dans la rue. C’est là que le sniper l’a tué. Il n’y a pas de tristesse, ni de peur, le frère est un martyr,» dit-il avant de citer un verset du Coran.

Mais Abu Omar était en colère. Il y avait 40 muhadjiroun quelques jours avant, mais à la fin des combats de ce jour, ils n’étaient plus que 30. Ils avaient perdu 10 hommes en deux jours.

Cette nuit, il a lancé un ultimatum aux chefs rebelles Syriens. S'ils n'avaient pas rassemblé un grand nombre d'hommes pour couvrir leurs arrières, les Muhajiroun feraient leur paquetage et s’en iraient.

Les renforts ne se sont pas matérialisés, alors les Tchétchènes sont partis dans la nuit.

«Qu’ils partent, » fulminait un commandant Syrien le lendemain. «je ne leur avais pas dit ‘topez là’ et venez combattre pour le djihad et prendre la responsabilité de cette ligne de front.»

Bab al Hawa

Quelques jours après, au poste frontière de Bab al Hawa, un affrontement couvait entre les rebelles Syriens  et les djihadistes.

Des combattants de la brigade Farouk - l'une des unités les mieux équipées et les plus disciplinées de l’ASL - dormaient sur l'herbe, à l'ombre d'une grand arche de béton. Les combattants portaient des uniformes militaires verts et des T-shirts arborant des insignes de la brigade - un exploit dans la confusion de la révolution. Ils avaient beaucoup de chars et de véhicules blindés capturés à l'armée syrienne, stationnés à l’abri près du poste frontière.

Non loin, un groupe de 20 combattants du djihad s'étaient rassemblés en cercle autour d'un égyptien costaud avec une barbe argentée tombant sur sa poitrine.
"Vous êtes en confrontés à deux armées d’apostats», disait l'Egyptien à ces hommes, parlant ainsi de l'armée syrienne et l'Armée Syrienne Libre. "Lorsque vous aurez terminé avec une armée, vous commencerez avec l’autre."
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La confrontation a commencé il ya quelques semaines, lorsque les djihadistes étrangers, qui ont joué un rôle majeur dans la défaite des forces gouvernementales au poste frontière, ont hissé le drapeau noir d'al-Qaida, orné du sceau du prophète, sur le poste frontière.

La brigade Farouk avait exigé que le drapeau soit ramené de peur qu'il contrarie les Turcs et mette en péril une voie d’approvisionnement vitale pour les rebelles. Un combattant barbu de la brigade Farouk, lui-même salafiste, a expliqué avoir plaidé auprès des djihadistes, en leur disant que leur présence amènerait l'OTAN à cesser ses envois de matériel. «Ils m'ont dit qu'ils étaient là pour arrêter l'Otan", a-t-il dit.

Les rebelles leur ont donné un ultimatum pour évacuer, et les djihadistes s’étaient mis en position d'attaque sur les collines pierreuses qui surplombent le poste frontière, cernant les combattants de la brigade Farouq. qui à leur tour ont menacé d'utiliser leurs véhicules blindés.

J'ai parlé avec le commandant régional de la brigade Farouk, un jeune lieutenant musclé de la province méridionale de Deraa nommé Abdullah Abu Zaid. "Je ne laisserai pas propager l’idéologie takfirie [l'acte d'accuser les autres musulmans d'apostasie] m’a-t-il dit dans son camp militaire à quelques kilomètres du poste frontière. «Ni maintenant, ni après. L'Islam que nous avons eu pendant ce régime a été défiguré l'Islam et ce qu'ils nous apportent est aussi défiguré. L'Islam dont nous avons besoin est un islam civil et pas l'Islam takfiri».

Les djihadistes, a-t-il dit, ont pillé et volé les populations locales et exigé de l'argent auprès d'entreprises locales contre protection, afin de ne pas voler leur marchandise. «J'ai réussi à les arrêter", a-t-il dit, "et je ne laisserai pas prendre de l’ampleur ici."

Plus tard dans la journée, il a lancé un ultimatum à leur commandant, un Syrien dit Abou Mohamad al Abssi, pour qu’il quitte la région avec ses djihadistes étrangers sous peine d’être tué.

J'ai rencontré Abou Mohamad, un médecin qui s’exprime par monosyllabes, le lendemain. Il a souligné qu'il luttait contre le régime depuis 1992, alors que la l’Armée Syrienne Libre est constituée d’officiers qui ont fait défection et qui servaient le régime encore récemment. Le printemps arabe a été, dit-il, un résultat de la ferveur islamique.

 «Nous n’abandonnerons jamais nos positions ici,» dit-il d’une voix calme. «Si Du=ieu le veut, nous vaincrons.»

Quelques jours plus tard, le corps d'Abou Mohamad était retrouvé dans un fossé. Il avait été enlevé et tué.


Bosnie, 1992-95

Plusieurs centaines de moudjahidine de pays aussi divers que la Turquie, l’Algérie, l’Arabie Saoudite,  la Syrie et le Russie étaient arrivés en Bosnie centrale pour aider les Musulmans de Bosnie à prendre le dessus sur les Serbes.

Tchétchénie, 1994-96

Des Saoudiens et des Jordaniens figurent parmi les centaines d’hommes qui affluent pour rejoindre les séparatistes tchétchènes dans leur lutte contre l’armée russe.

Afghanistan, 1999-

L’est de l’Afghanistan,  terrain de chasse originel des moudjahidine pendant la guerre contre les Soviétiques, est devenu le foyer d’al Qaïda à la fin des années 1990 – un centre logistique et d’entraînement pour des djihadistes venus d’au moins une dizaine de pays du Moyen Orient , d’Asie centrale et d’Europe.

Irak 2003-
Des milliers de combattants étrangers ont afflué en Irak pour s’attaquer aux Américains. La majorité veanit d'Arabie, d'autres venaient de Syrie, de Jordanie et du Yémen, entre autres

Syrie, 2012 -

Tchétchènes,  Pakistanais, Libyens, Saoudiens - la composition des unités combattantes étrangères en Syrie est exotique

jeudi 20 septembre 2012

La prochaine étape de la campagne islamophobe aux Etats Unis


Je n’ai pas trouvé d’article qui parle de ça en français. Il faut simplement savoir que derrière cette campagne d’affichage, on trouve les mêmes réseaux, ou du moins une partie des réseaux, qui sont derrière la bande annonce du pseudo film «L’innocence des musulmans.»

Ces réseaux sont animés et surtout financés par des sionistes.

Pas par l’Etat sioniste alias l’Etat juif, du moins pas directement. Si ce dernier a bien des forfaits à son actif, on ne peut pas tout lui reprocher, ce serait se méprendre sur la nature du sionisme et ce qui fait sa singularité, et cette dernière n’est pas si religieuse que certains le croient. J’aurai, je l’espère, bientôt l’occasion d’y revenir.

Non, les premiers intervenants dans ces affaires sont des gens riches, des chefs d’entreprises, en cheville avec des idéologues de plus ou moins grande envergure. Ce n'est pas vraiment qu'ils oeuvrent pour l'Etat sioniste, c'est plutôt qu'ils sont en train de s'approprier cet Etat. 
Nous avons rencontré les uns (les milliardaires) et les autres (les idéologues) sur ce blog. Soyez curieux, cherchez.


par Jim O'Grady, Transportation Nation (USA) 19 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

 (New York, NY – WNYC ) Lundi, dix stations du métro de New York montreront des affiches qui proclament en lettres capitales sur fond noir, «Dans toute guerre entre l’homme civilisé et le sauvage, soutenez l’homme civilisé,» suivies du slogan, «Soutenez Israël. Vainquez le djihad.»
La décision intervient au moment où des manifestations anti-américaines éclatent un peu partout dans le monde à cause de la bande annonce d’un film islamophobe qui circule largement sur internet.

L’ American Freedom Defense Initiative (AFDI), une organisation de défense des libertés [c’est du moins ce qu’elle prétend, note de Djazaïri], a acheté les emplacements pour ces affiches dans le métro il y a un an. Mais la NY Metropolitan Authority [MTA, équivalent de la RATP] en avait empêché la pose et avait expliqué dans une lettre à l’organisation que «L’affiche que vous proposez contient des propos qui, selon nous, ne sont pas conformes avec les normes de la MTA pour l’affichage en ce qui concerne les annonces qui rabaissent une personne ou un groupe de personnes.»

Il y a bel et bien une campagne islamophobe orchestrée à l'échelle internationale

Le juge qui a traité ce dossier a rejeté la requête de l’autorité du transport d’octroi d’un délai qui aurait permis à son conseil d’administration de se réunir pour envisager un changement de ses règles afin d’interdire sur son réseau les annonces non commerciales, connues aussi sous l’appellation d’affiches sur les questions de société (l’article original propose une copie du jugement).

Aaron Donovan, porte parole de la NY MTA, a déclaré aujourd’hui que la bataille juridique est maintenant terminée. «Nos mains sont liées,» a-t-il dit. «Le tribunal a considéré que les règlements de la MTA sur les annonces non commerciales violaient le 1eramendement.»

La NY MTA n’imitera pas la Municipal Transportation Agency de San Francisco qui avait place ces mêmes annonces sur ses bus à côté de sa propre annonce par laquelle elle condamnait toute «déclaration qualifiant un groupe humain quelconque de ‘sauvages’.»

Ce n’est pas la première fois que l’AFDI place une annonce dans les transports en commun de new York. En août, l’organisation avait lancé une campagne d’affichage dans les stations de métro de la banlieue nord dans lesquelles elle parlait de dizaines de milliers «d’attentats islamiques» depuis le 11 septembre. Le transporteur avait indiqué les avoir affichées parce que leur contenu ne comportait pas de vocabulaire humiliant.

L’AFDI affirme qu’elle «a pour objet de soutenir et de défendre avec vigueur les fondations morales judéo-chrétienens de notre nation dans les tribunaux à travers tout notre pays.» Sa directrice exécutive est Pamela Geller qui a été active dans les manifestations contre le centre communautaire musulman à Park 51, à deux blocs d’immeubles du World Trade Center dans le Lower Manhattan.

mercredi 19 septembre 2012

Philip Roth s'attaque au tabou auquel ne touchera pas Charlie Hebdo


Charlie Hebdo vient de publier de nouvelles caricatures représentant le prophète de l’Islam. Je ne vais pas gloser longtemps là-dessus parce que si de nombreux clients sont tombés dans le panneau en se ruant, dit-on, dans les kiosques pour s’en procurer un exemplaire, les commentateurs portent cette fois un jugement plus mitigé sur la politique éditoriale de ce magazine . J’écoutais en effet tout à l’heure sur France Info une petite brochette de commentateurs évoquer un coup marketing dénué de l’esprit de responsabilité qui doit caractériser la profession journalistique.

Mais Charlie Hebdo aurait tort de se gêner vu que c’est si facile de taper sur les Musulmans en France, une «communauté» [selon moi il n'y a pas ou pas encore de communauté musulmane] encore fortement marquée par l’appartenance au prolétariat voire par la pauvreté , objet du discours politique mais non représentée politiquement.

Le magazine a mis la barre très bas. Pour montrer son courage, je lui propose de mettre la barre très haut et de s’attaquer avec virulence et détermination aux véritables tabous de cette société, par exemple l’holocauste, l’Etat prétendu juif ou encore le rôle des dirigeants Juifs Français pendant l’occupation et sous le régime de Vichy (parce qu’il y avait les Juifs résistants avec de Gaulle et dans les maquis mais il y avait aussi les autres).


C’est pas demain la veille, parce que Charlie-Hebdo se retrouverait cloué au pilori et rapidement privé de ressources financières.

Par Matthew Hays, The Globe & Mail (Canada) 25 août 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Phillip Roth an parle comme d'un des moments les plus marquants de son enfance. C'était en 1978, et le cinéphile de 12 ans a regardait la cérémonie de remise des Oscars à la télévision quand VanessaRedgrave a dénoncé les «voyous sionistes» tout en acceptant son Oscar pour le meilleur second rôle féminin.

«Ce discours a eu un impact énorme sur moi», dit Roth, un cinéaste basé à Los Angeles (qui n’a pas de rapport avec le romancier du même nom). "C'était probablement la première fois que je réalisais qu'il y avait des gens, pas seulement des terroristes, qui étaient vraiment critiques  à l’égard d'Israël." Le discours mémorable de Redgrave avait été accueilli par des huées et des sifflements lors de la cérémonie, et sa co- vedette dans Julia, Jane Fonda, avait reçu une standing ovation.

Philip B. Roth

Roth, qui a grandi dans une famille juive à Los Angeles, explique que les questions qui entourent la relation de la communauté juive américaine à Israël continuent de le fasciner – l’une d’entre elles en particulier. "Les Juifs américains ne sont pas vraiment autorisés à dire quoi que ce soit de critique sur Israël", soutient-il. "Si vous regardez la presse israélienne, il ya un débat vigoureux, qui se poursuit sans interruption. Les Israéliens sont autorisés à être très critiques envers Israël. Les Américains, semble-t-il, ne le sont pas. Parmi mes amis et ma famille, je pouvais trouver des gens qui étaient très ouverts sur tous les sujets imaginables, sauf quand on touchait à Israël et au Moyen-Orient. "

Roth d’ajouter, «Quand le sujet arrivait sur Israël, c'était presque comme si la discussion était coupée."

Ce constat a incité Roth à réaliser son propre documentaire à la première personne sur ce sujet ; le résultat est un mélange grisant de considérations personnelles et politiques. Les Confessions d’un Juif Honteux, qui sort en première mondiale ce weekend au Festival Mondial du Film de Montréal et traite de l’itinéraire de Roth dans sa confrontation avec l’écheveau complexe de liens personnels, historiques et politiques que la diaspora juive possède avec l’Etat d’Israël.

Rorh a interviewé un grand nombre de personnes pour son documentaire – de sa propre grand-mère à Phyllis Chesler, auteure du livre The New Anti-Semitism, dans lequel elle avertit de la montée inquiétante du préjugé antijuif au début du 21ème siècle. Les résultats sont fascinants et Roth prend soin de donner longuement la parole à ceux avec qui il est en désaccord.

Il reconnaît que certains l’ont critiqué pour avoir entrepris un tel projet. «Je suis un homosexuel qui enseigne le yoga à des apprenants tout nus à Los Angeles. Je ne suis jamais allé au Moyen Orient. Mais j’ai vraiment aimé l’idée que quelqu’un comme moi, qui n’a rien d’un spécialiste, puisse se pencher sur ces questions et les poser très franchement. Après tout, deux tiers des Juifs Américains ne sont jamais allés en Israël. Mais si nous nous interrogeons sur les relations et le soutien de notre gouvernement à Israël, nous sommes taxés de [Juifs] honteux.»

Au cours de ses recherches pour Confessions d’un Juif Honteux – qu’il appelle le fruit de «cinq ans de travail de l’amour» - il s’est découvert des affinités particulières avec une des personnalités historiques dont il retrace l’histoire. «Hannah Arendt, elle-même survivante des camps nazis [Hannah Arendt n’a jamais séjourné dans un camp nazi, note de Djazaïri], avait écrit des textes assez critiques du sionisme après le jugement d’Adolf Eichmann. Elle avait été alors accusée d’être une juive honteuse simplement parce qu’elle soutenait que la vision initiale du sionisme s’était égarée.
  
Vers la fin du film, Roth se retrouve plaidant pour une version de la solution controversée à un seul Etat dans lequel Israéliens et Palestiniens vivraient dans le même pays, avec une personne, un vote. Une des personnes qu’il interviewe conteste fermement cette idée en affirmant qu’un tel système signifierait un «suicide national pour Israël. =»

Roth soutient que, «Tant que vous avez autant de colonies juives en Cisjoordanie, tant que vous donnez aux Russes et aux Américains et à d’autres immigrants autant d’incitations financières pour vivre là-bas, et tant que vous avez des palestiniens condamnés à la pauvreté qui vivent à côté d’eux, je pense que vous devez accorder à ces Palestiniens le même accès à la citoyenneté, mais si vous ne le faites pas, alors c’est vraiment comme l’apartheid.»
Et il concède qu’il y a une certaine ironie de voir Confessions of a Self-Hating Jew projeté en première mondiale au Canada où le gouvernement conservateur s’est avéré être un chaud partisan d’Israël.

«Je ne prétends pas que les sionistes vont entrer dans la salle de cinéma et que leur mentalité sera changée par mon film», dit Roth. "Mais nous devons en parler. Ces politiques de construction de nouvelles colonies en Cisjordanie: sont-elles vraiment dans l’intérêt d’Israël? N'ont-elles pas tout simplement créé une situation impossible?

mardi 18 septembre 2012

L'imminence de la bombe atomique iranienne et la ligne rouge de Netanyahou

La presse francophone s'est largement fait l'écho des récentes déclarations du premier ministre sioniste Benjamin Netanyahou selon qui
 l'Iran aurait accompli d'ici mi-2013 90% du chemin lui permettant de disposer de suffisamment d'uranium enrichi pour fabriquer une bombe nucléaire.  

Netanyahou n'a pas dit combien de temps il faudrait à l'Iran pour faire les 10 % du chemin restant.
Et pour cause puisque, ainsi que je l'avais signalé sur ce blog, de telles affirmations sur l'imminence de l'acquisition d'une arme atomique par l'Iran ne sont en rien nouvelles.

Le Christian Science Monitor a fait le recueil de ces annonces apocalyptiques qui s'égrènent régulièrement depuis le début des années 1990. En 1992 seulement, le monde avait eu droit aux déclarations suivantes:

- Le député Israélien Benjamin Netanyahou déclare à ses collègues que l'Iran est à 3 ou 5 ans d'être en capacité de produire une arme nucléaire - et cette menace doit être éradiquée par un front international dirigé par les Etats Unis."
1992: Israeli Foreign Minister Shimon Peres tells French TV that Iran was set to have nuclear warheads by "
-Le ministre des affaires étrangères Shimon Peres déclare à la télévision française que l'Iran aurait des têtes nucléaires vers 1999. "L'Iran est la plus grande menace et le plus grand problème au Moyen Orient," avait averti Peres "parce qu'il cherche l'option nucléaire tout en prenant des positions très dangereuses de militantisme religieux extrémiste."
- Joseph Alpher, un ancien dirigeant du Mossad, le service secret israélien, déclare que "L'iran doit être reconnu comme l'ennemi N°1. "Le programme nucléaire naissant de l'Iran, déclarait-il au New York Times, donne vraiment la frousse à Israël."
C'est déjà édifiant mais vous pouvez lire la suite sur l'article de mon blog mis en lien ou sur celui du Christian Science Monitor.

Aucun ce vos journaux ne renvoie à cet historique de l'imminence annoncée de la bombe iranienne.
Et aucun ne rappelle qu'il y a au moins deux siècles que ce pays menaçant qu'est l'Iran n'a pas entrepris d'initiative guerrière contre un autre pays.

Les bombes dans cette direction, c'est bien
A comparer avec tous les bienfaiteurs de l'humanité qui se sont bousculés au chevet de la Libye et dont les bistouris sont impatients d'opérer en Syrie.

Hidjab et niqab à l'université Al-Azhar du Caire

Angry Arab publie cette photo très intéressante:


Il s'agit d'un cours de théologie à l'université Al-Azhar au Caire. Si l'auditoire est exclusivement féminin, vous noterez que l'enseignant est un homme et qu'apparemment aucune des jeunes femmes ne porte ce qui ressemblerait à un hidjab ou à un niqab.
La photo a été prise dans les années 1960, à l'époque où le colonel Nasser dirigeait le pays.

Pour mémoire, la mosquée Al-Azhar a été fondée au Xème siècle par Jawhar ben Abdallah as-Siqili (le Sicilien) qui s'était emparé de l'Egypte au nom du souverain Fatimide qui gouvernait à l'époque le Maghreb.

Pour mémoire aussi, les Fatimides étaient des chiites. 

lundi 17 septembre 2012

La loi sur le terrorisme ou l'heure de gloire de Manuel Valls

Manifestation de gendarmes à Paris samedi dernier

Le remue-ménage actuel autour du «film» islamophobe ‘l’innocence des musulmans’ avec en particulier la manifestation (entre 200 et 250 personnes dont 150 ont été interpellées !) qui s’est tenue à Paris donne un relief particulier à un projet de loi qui va bientôt être examiné en conseil des ministres : 
Le conseil des ministres examinera «à la fin du mois de septembre (...) un projet de loi visant à lutter contre le terrorisme», a annoncé dimanche soir le ministère de l'Intérieur.

Les Français qui opèrent à l'étranger visés
Ce texte vise notamment à permettre de juger en France les Français «qui se livrent à des actes de terrorisme à l'étranger ou qui vont à l'étranger, notamment en zone afghano-pakistanaise, pour se former au terrorisme dans des camps d'entraînement dans le but de revenir en France», a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.
«Même si l'incrimination d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste offre une grande latitude de poursuites, certains «passaient entre les mailles du filet», explique-t-on. Cette disposition s'inscrit dans la même logique que celle qui permet de poursuivre et juger en France des ressortissants français ayant commis des actes de pédophilie hors des frontières.
Ce projet de loi est en  fait
«préparé depuis le début de l'été en parfaite collaboration» entre les ministères de l'Intérieur et de la Justice, avec un groupe de travail dans lequel siégeaient notamment des policiers et des magistrats antiterroristes.
Il est donc plus une réponse à l’affaire Mohamed Merah qu’à la récente manifestation parisienne et il est un signe de plus de la parfaite continuité qui caractérise le passage de la  présidence de M. Sarkozy à celle de M. Hollande.
Et ce projet de loi sera l’heure de gloire de Manuel Valls dont le plus haut fait d’armes fut, on s’en souvient, d’avoir fait pression (en vain) sur un commerçant de la commune dont il est l’élu pour qu’il accepte de vendre de l’alcool.

Traduire en justice des Français qui pratiquent le terrorisme à l’étranger ou vont se former dans ce sens à l’étranger est assurément une bonne chose.

On espère seulement que cette loi concernera aussi ceux qui vont pratiquer le djihad juif dans les rangs de l’armée sioniste, une armée qui commet crimes sur crimes, aux côtés de ce fameux Gilad Shalit pour lequel M. Valls ne fut pas le dernier à se mobiliser.

Ensuite, il faudrait que Manuel Valls et ses coéquipiers du gouvernement soient cohérents et cessent eux-mêmes d’entraîner et d’armer des terroristes en Syrie comme leurs prédécesseurs l’avaient fait en Libye, avec l’approbation du Parti Socialiste.

E t avec les résultats que nous connaissons.



dimanche 16 septembre 2012

Judith Butler et le Musée Antijuif de Berlin


Dans le cadre du cycle de formation sur la hasbara (pédagogie du mensonge sioniste), j’ai traduit ce papier du Jerusalem Post qui se veut une dénonciation de l’accueil fait par le musée juif de Berlin à Judith Butler, une intellectuelle américaine connue qui ne cache pas ses positions en faveur du Boycott, des Sanctions et du Désinvestissement(BDS) contre le régime sioniste.

Judith Butler

On comprend d’ailleurs incidemment que Judith Butler est juive puisque le recours à des personnalités juives antisionistes nous est présenté comme un des procédés auquel a recours le nouvel antisémitisme, particulièrement en Allemagne.
Il en va de même pour les prix décernés à des intellectuels Juifs hostiles au sionisme…

De fait, il existe une conscience de plus en plus aigüe dans l’entité sioniste du fait que des citoyens du monde, ainsi que des intellectuels, toujours plus nombreux considèrent leur Etat comme se comportant de manière anormale.

Ce phénomène est pour l’instant compensé par un renforcement de l’emprise sur les élites politiques, le problème étant qu’elle est de plus en plus voyante parce qu’après le dîner du CRIF, il reste quelques taches indélébiles sur la chemise de certains. Et que certains en ont peut-être assez de faire la guerre pour l’Etat juif et d’avoir par sa faute un pétrole à 100 dollars le baril en ce moment.

Réfléchissez seulement aux noms des intellectuels qui soutiennent l’entité sioniste et vous observerez qu’ils représentent le plus souvent ce qu’il y a de plus médiocre. En France, nous avons Bernard-Botul-Henri Lévy, Alain Finkelkraut (moins mauvais philosophe que le premier, il fait un bon professeur de classe de terminale ou de premier cycle universitaire), beaucoup de gens de la tribu en réalité, puis toute une cohorte d’éditorialistes qui craignent d’être virés de leur canard ou du petit écran. La preuve en étant précisément le sort de ceux qui ont osé dire quelques vérités : licenciés, interdits de télévision, de salles de conférences ou de salles de spectacles.

En fait cet article du Jerusalem Post est proprement délirant et on y lit même une volonté d’obtenir le limogeage de Michael Blumenthal, le directeur américain qui aurait transformé ce musée juif en musée antijuif.

Et il recourt à un certain nombre de procédés en usage chez la clique sioniste : le chantage à l’antisémitisme, la menace, les citations tronquées ou carrément mensongères, le travestissement des faits historiques dans le cas ici de la question du boycott des commerces juifs par l’Allemagne nazie. 

Par benjamin Weinthal, Jerusalem Post 16 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’institution juive reçoit Judith Butler, qui renouvelle son soutien au mouvement BDS; un auditoire de 700 personnes acclame l’appel au boycott.

Berlin – Le Musée Juif de Berlin, dont la renommée est internationale, a accueilli une table ronde de discussion ce samedi avec l’universitaire américaine Judith Butler qui a renouvelé ses appels à boycotter Israël. Il semble que ce soit la première manifestation anti-israélienne à se tenir dans le musée juif depuis son ouverture en 2001 avec pour mission de faire connaître l’histoire bimillénaire des Juifs en Allemagne. Au moins 700 personnes participaient à l’évènement.
La décision de ce musée financé par le contribuable allemand de lui donner une tribune dans la capitale, qui a servi à l’époque nazie comme rampe de lancement d’un mouvement de boycott contre les entreprises judéo-allemandes, a suscité des froncements de sourcils par rapport au management du musée par sa direction.
Dans un courriel samedi au Jerusalem Post, le professeur Gerald Steinberg, qui est à la tête d’ONG Monitor à Jérusalem [une officine qui surveille les ONG], a qualifié l’institution culturelle de «Musée Antijuif de Berlin.»

Le musée antijuif de Berlin
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Butler, une professeure d’analyse du discours et de littérature comparée à l’université de Californie, Berkeley, a déclaré devant le public massé dans la cour du musée qu’elle accepte une «version du boycott» contre Israël, et a souligné que le mouvement pour le Boycott, les Sanctions et le Désinvestissement (BDS) est une «résistance non violente» contre Israël. Elle a soutenu que ‘’1 000 organisations juives’’ étaient d’accord avec elle.

L’auditoire en majorité allemand a souvent applaudi Butler à tout rompre pendant les deux heures qu’a duré la table ronde intitulée ‘’Le sionisme appartient-il au judaïsme ?’’ Le panel de discussion avec Butler avait suscité la controverse avant sa tenue samedi, ce qui avait amené le modérateur prévu, Jacques Schuster, un journaliste du quotidien Die Welt à annuler sa participation à la manifestation parce qu’une ‘’discussion équilibrée’’ avec Butler n’est pas possible et que ses opinions sur Israël sont plus que ‘’farfelues.’’

La ville de Francfort s’est retrouvée plongée dans trois semaines de dispute par rapport à la décision des services culturels de la ville de rendre hommage à Butler le 11 septembre avec le prestigieux prix Theodor Adorno pour l’excellence dans le domaine des humanités.

Steinberg, dont l’organisation sert d’observatoire des organisations anti-israéliennes publiques ou privées, a écrit au Post que ‘’l’attribution du prix Adorno à Judith Butler est une mascarade du point de vue moral, et la décision du Musée Juif de Berlin de l’accueillir est une grossière insulte de plus faite au peuple Juif.’’
Il a ajouté : ‘’Butler épouse des causes comme la campagne BDS, effaçant ainsi le terrorisme de masse (‘sa version de la non violence’) et, comme le Hamas et le Hezbollah, vise explicitement à détruire Israël.’’ Cette plateforme [BDS] incarne l’antithèse de tous les principes des droits de l’homme adoptés à l’ombre de l’holocauste.’’

Dans un courriel au Post, Cilly Kugelmann, la directrice du Musée, écrit ‘’Nous nous définissons… comme un forum de discussion et de débat sur des thèmes historiques et pertinents [par rapport à l’objet du musée].’’ Elle écrit que le musée considère que sa mission est de traiter de la ‘’vie juive au pays et à l’étranger, ainsi que des  relations entre juifs et non juifs.’’

Interrogée par le Post sur le soutien apporté par Butler aux boycotts contre Israël et ses propos ostensiblement amicaux à l’égard du Hezbollah et du Hamas, Kugelmann a ajouté que ‘’dans notre équipe il y a diverses attitudes et positions.’’ Elle a refusé de répondre à des appels téléphoniques et à d’autres requêtes par courriel sur la question de savoir que les membres de l’équipe du musée partageaient les points de vue pro-BDS de Butler ainsi sue ses descriptions du Hezbollah et du Hamas comme des organisations progressistes de gauche.

Katharina Schmidt-Narischkin, porte-parole du Musée Juif, a déclaré vendredi au Post que le public n’était pas autorisé à poser des questions à Butler sur le Hamas et le Hezbollah. Elle a écrit au Post samedi qu’il n’y aurait pas de ‘’questions du public.’’ Le musée a cependant recueilli par écrit les questions du public à la fin de la table ronde et les a triées avant soumission.

Butler avait suscité de vives critiques en Allemagne, en Israël et aux Etats Unis à cause de ses propos lors d’une manifestation “Teach-in Against War où elle affirmait que ‘’Comprendre le Hamas/Hezbollah en tant que mouvement sociaux qui sont progressistes, qui sont à gauche, qui font partie de la gauche dans son ensemble est extrêmement important.’’ Dans un courriel adressé au Post en août, elle avait nuancé ses assertions et dit que sa description ne signifiait pas qu’elle approuve le Hamas et le Hezbollah et elle rejette les mouvements violents.’’ ‘’Je n’ai jamais pris position sur l’une ou l’autre organisation,’’ écrivait Butler. Elle a refusé de répondre aux demandes du Post pour connaître son point de vue exact sur les deux organisations islamiques radicales.’’

Dans une lettre au Post, Michael Blumenthal, l’Américain qui supervise la direction exécutive du musée, écrit que ‘’le musée ne prend pas position sur des questions politiques, que ce soit en Allemagne, en Israël ou ailleurs.’’ Il ajoute que ‘’nous pensons qu’une discussion honnête et équilibrée des sujets qui ont trait à notre mission sont importants et dans l’intérêt du public. Le Musée Juif de Berlin fait cependant clairement et sans équivoque savoir que les opinions exprimées par les orateurs sont les leurs – et seulement les leurs.’’

Steinberg a répondu que ‘’les tentatives de Blumenthal pour justifier ce genre de comportement sur la base du débat équilibré et démocratique et de la liberté d’expression est aussi creuse moralement que la défense de Butler. Tant que Blumenthal restera en poste, cette institution sera connue comme le musée antijuif de Berlin.’’

Blumenthal observait dans da lettre que la présence du Dr. Micha Brumlik dans la discussion faisait contrepoids à Butler. Pendant le panel de discussion, Brumlik, un professeur juif libéral de pédagogie, a plaidé contre les actions BDS contre Israël, mais il a été dépassé et n’a pas été pris au sérieux par une audience largement acquise à Butler.

Une universitaire juive allemande présente à la manifestation a exprimé sa consternation quant au cours de la discussion au musée. Elle a déclaré au Post que ‘’l’antisionisme est énorme en Allemagne’’ et que le contexte historique et politique est différent en Allemagne.

Des esprits critiques en Allemagne soutiennent depuis longtemps que les organisations et les politiciens non juifs décernent souvent des prix à des juifs antisionistes et anti-Israël pour exprimer leurs préjugés contre l’Etat juif et éviter de la sorte d’être accusés d’antisémitisme ou de préjugé.

Phyllis Chesler, professeure émérite de psychologie et d’études féminines à la City University de New York, a écrit par courriel au Post que «ce que les comités de Berkeley et du prix Adorno retiennent sont ses prises de positions antisionistes très visibles et publiques qui, en cette phase de l’histoire, constituent une partie de l’objet du « nouvel antisémitisme.’

Chesler, qui a écrit sur les professeurs anti-Israël, a ajouté que les universitaires comme Butler « sont récompensés pour leurs opinions politiques – qui sont la réalité de leur œuvre.’’