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vendredi 26 août 2011

On a retrouvé une partie des marchandises pillées pendant les émeutes de Londres


Failed Messiah (USA) 25 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Un étudiant marié  d’une école religieuse juive [yeshiva]  a été arrêté pour recel de biens volés pendant les récentes émeutes de Londres.Le site d’informations Behadrei Haredim rapport qu’un étudiant d’une yeshiva ultra-orthodoxe a été arrêté pour recel de biens pillés pendant les émeutes à Londres.Selon ce site web, l’arrestation a provoqué une onde de choc dans la communauté ultra-orthodoxe de Londres, et les gens se débarrassent le plus vite possible des marchandises voles.La police indique que d’autres arrestations vont être effectuées.
La version en hébreu de l’article original traduite par Google permet de comprendre qu’il y a en effet tout un réseau de receleurs dans la communauté juive de Stamford Hill où l’heure est à la panique alors qu’il faut de débarrasser des marchandises « achetées à bas prix à des Gentils ».
Les Gentils, ce sont en effet les méchants que nous avons vu sur des images de vidéosurveillance se livrer au pillage. Parmi eux se trouvaient de nombreuses personnes qui saisissaient l’occasion de crier leur rage tout en faisant emplette de produits de plus ou moins première nécessité mais aussi de simples voyous. Dans l’un ou l’autre cas, ceux qui tenaient à écouler le fruit de leurs emplettes se sont adressés à un réseau de recel qui fonctionnait avant les émeutes et auprès desquels les vrais voleurs avaient leurs habitudes.
Sauf que les circonstances n’étaient pas habituelles (trop de voleurs amateurs)…
Dans son diagnostic sur les émeutes, le chef du gouvernement brtannique David Cameron avait invoqué la responsabilité d’un « effondrement moral » et parlé des «communautés» :
« les écoles, les prestations sociales, les familles, l’éducation des enfants, les communautés et les problèmes culturels, juridiques et bureaucratiques de notre société … pendant des années, notre système a encouragé les pires comportements dans la population, a encouragé la paresse (…) et découragé le travail ».
M’est avis qu’il pensait là à diverses communautés (antillaise, indienne et surtout musulmane, c.à.d. surtout indo-pakistanaise) mais pas à la communauté juive dans son propos. Et cette dernière non plus, d’où sa surprise devant les descentes de police !
Ce que M. Cameron aurait dû savoir, est qu'ils faut se garder de stigmatiser des "communautés", quelles qu'elles soient. parce qu'une telle stigmatisation est une erreur et une faute et qu'elle ne porte en elle aucune solution digne. Et parce que tout le verbiage sur l'échec du prétendu multiculturalisme n'a été en fait qu'un artifice pour stigmatiser des Musulmans, ce qu'avaient fait dans des termes voisins et presque en même temps la chancelière Allemande, Mme Merkel, et le chef de l'Etat français, M. Sarkozy.

mardi 16 août 2011

David Cameron et "l'effondrement moral" au Royaume Uni


Les émeutes sont terminées au Royaume Uni. Le premier ministre Britannique David Cameron  n’a pas tardé à livrer son diagnostic et, comme il fallait s’y attendre, sa lecture des événements est une interprétation en termes de « criminalité » et « d’effondrement moral au ralenti ( !). »

Une « analyse » somme toute classiquement néolibérale qui s’énonce comme suit :
« les écoles, les prestations sociales, les familles, l’éducation des enfants, les communautés et les problèmes culturels, juridiques et bureaucratiques de notre société … pendant des années, notre système a encouragé les pires comportements dans la population, a encouragé la paresse (…) et découragé le travail ».
Ce n’est pas encore "Travail, Famille, Patrie ", mais nous avons là quelque chose d’approchant et les media chrétiens ne s’y sont pas trompés.

Et certes, les récentes émeutes n’ont pas les caractéristiques d’une action de protestation sociale et politique, ce qui ne veut pas dire qu’elles n’ont pas une profonde signification politique. Elles révèlent en réalité une adhésion d’un sous-prolétariat vivant surtout de petits boulots et d’aides sociales à la société de consommation ainsi qu’un désir d’accéder aux biens que cette société propose. Le problème étant que ces biens sont tarifés et difficilement accessibles à ces catégories de population.

Le pillage vient, à sa manière, rétablir un semblant d’égalité dans une société de plus en plus inégalitaire par la faute justement de politiques qui , depuis Margaret Thatcher au moins, ont conduit à la désindustrialisation du Royaume Uni, à la déqualification de nombreux emplois et à l’explosion de la précarité. Le tout dans un contexte où aucune alternative politique ne semble proposer de débouché politique crédible aux populations déclassées et rejetées à la marge car, comme en France, la gauche institutionnelle incarnée ici par le parti travailliste n’est qu’une version un peu édulcorée du libéralisme porté par David Cameron.

Les invocations morales ne sont pas le propre de M. Cameron et on se souvient que c’était une thématique forte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Ce qui n’empêche pas Dominique Quinio dans le journal « La Croix » de considérer, pour apparemment le regretter que :
Les mots employés par David Cameron pour expliquer l’explosion de violences dans son pays ne seraient sans doute pas audibles en France. « Morale » et « ordre » y ont si mauvaise presse. 
Pourtant, le problème n’est pas vraiment là. Le problème est plutôt de savoir si des gens comme David Cameron sont vraiment qualifiées pour invoquer des principes moraux. Car, outre que les avions britanniques, bombardent quotidiennement des objectifs civils en Libye, M. Cameron et ses alter ego incarnent en réalité des politiques qui ont certainement plus valorisé la finance que le travail et glorifié le pillage pour peu qu’il soit le fait d’individus en costume cravate qui travaillent dans des bureaux de la City ou de tel quartier des affaires dans telle ou telle métropole dans le monde (au choix, Paris, New York, Singapour, Dubaï…).

Ce dessin de Daryl Cagle le dit mieux qu’un long discours.



Eh oui, des amateurs à côté des requins de la finance! 

Par ailleurs, M. Cameron devrait plutôt féliciter les émeutiers car ces quelques jours d’agitation ont fait passer au second plan un scandale politico-médiatico-financier de grande ampleur, à savoir l'affaire des écoutes pratiquées par la presse contrôlée par Rupert Murdoch, pour le coup des crimes en bonne et due forme, et surtout celui de la domestication de la classe politique britannique, dont David Cameron himself, par le magnat de la presse « d’origine australienne » comme il est de bon ton de l’écrire. Domestication qui a amené Rupert Murdoch ou ses proches collaborateurs à rencontrer discrètement ou publiquement à de nombreuses reprises des membres du gouvernement ou de l’opposition britanniques. Tous sont en effet mouillés même si David Cameron trempe sans doute dans la boue jusqu’aux oreilles. On croirait pas à le voir, lui qui a toujours l’air si propre sur lui.

Et c’est ce genre de personnes qui joue au moraliste ! Il y en a qui n’ont vraiment honte de rien.
Pourquoi se gênerait-il d'ailleurs? En effet, si M. Cameron exige que la justice soit intraitable envers les pillards émeutiers, il a par contre savamment organisé les procédures d'enquête qui lui permettront d'éviter de sombrer dans le scandale Murdoch (et même de continuer à faire le fier et à rouler le but comme on dit).

dimanche 9 janvier 2011

Emeutes et agitation politique et sociale en Afrique du Nord

L'Algérie connaît ces derniers jours une importante agitation sociale qui a pris la forme d'émeutes et parfois de pillages. Le détonateur de cette agitation et de ces émeutes a été une brutale hausse des prix de produits alimentaires de première nécessité tels que l'huile ou le sucre sur un fond d'inégalités sociales croissantes.
Sommes-nous cependant à la veille d'une révolution ou encore d'un bouleversement politique, une inqilab comme dirait un baathiste ou sommes nous devant une intifada, un soulèvement?
En eux mêmes, il est vrai que ces événements sont d'une grande signification politique et rappellent à ceux qui gouvernent le pays qu'ils sont assis sur un volcan nommé inégalités, exclusion sociale, exclusion du politique. Et es dirigeants qui ont l'habitude de gérer le pays par l'émeute seraient bien avisés de comprendre que ce mode de gestion ne saurait se substituer à une véritable gouvernance, ni à la démocratisation que ce soit à l'échelon local ou national.
Car des émeutes, l'Algérie en connaît sans cesse, pour les motifs les plus divers et généralement relatifs à des problèmes ou des drames locaux: bavure policière, tracé d'une route qui mécontente les riverains, ou au contraire absence de route pour desservir une commune, problèmes de logement, de corruption au niveau local. Même l'agitation qui s'était emparée de la Kabylie avait été motivée au début par une bavure dans un poste de gendarmerie qui s'était soldée par la mort d'un adolescent.
Dans ce dernier cas, une dimension politique avait tenté de se formuler mais selon des modalités qui les condamnaient à rester ancrées dans le local et qui étaient combattues non seulement par les autorités gouvernementales mais aussi par les principales forces politiques présentes en Kabylie, c'est-à-dire le Front des Forces Socialistes (FFS) et le Rassemblement Culture et Démocratie (RCD).
De fait, l'agitation n'avait que sporadiquement débordé la Kabylie et les autorités se sont montrées capables de reprendre en main la situation à la fois en jouant le pourrissement et les contradictions entre les différents acteurs de la contestation. Le maintien de l'état d'urgence que connaît le pays depuis l'annulation du scrutin qui avait entraîné le pays dans la guerre civile a d'ailleurs été fort utile à ce moment là aux autorités d'Alger.

Si les événements en cours ont une grande signification politique, cela ne signifie cependant pas qu'ils sont le prélude à une remise en cause radicale du pouvoir. Car pour cela il faudrait que la colère de la jeunesse soit relayée par le politique, ce qui n'est absolument pas le cas.
Un blogueur Algérien anglophone le souligne dans son site, The Moor Next Door:
 Alors que le discours des personnalités publiques diffère par des nuances, la majorité d'entre elles ont explicitement appelé au dialogue et au calme; pratiquement personne n'a cherché à encourager les jeunes émeutiers ou à revendiquer un leadership sur eux. S'ils sont nombreux à reconnaître les dimensions ouvertement politiques des émeutes, la plupart de ceux qui ont des élus au parlement ou participent aux fonctions gouvernementales ont cherché à reformuler le discours public vers des questions économiques et sociales qui peuvent être traitées par des changements ou des ajustements de la politique dans le cadre du régime actuel. Même ceux qui font porter les responsabilités à des facteurs systémiques évitent de s'en pendre au président ou à des individus en particulier.
La position du Parti des Travailleurs (trotskyste) exprimée par Louisa Hanoune est de fait particulièrement modérée et tournée surtout contre les grossistes et les patrons de l'agroalimentaire.  On peut considérer que de ce point de vue, la position du FFS se démarque même s'il renonce clairement (ce qu'on peut comprendre) à prendre des initiatives en vue d'encadrer politiquement les manifestations de la colère populaire et se borne à réclamer "davantage d'ouverture politique".
Car pour le FFS le changement n'est pas pour maintenant et sera le fruit d'un "long et patient travail de ré-encadrement de la société". Le FFS réfère explicitement à la Tunisie où ces efforts ont été entrepris pas de véritables élites "qui n'ont pas perdu leur âme, qui ont choisi leur camp".
Je rejoins volontiers le FFS pour dire que ce qui se passe en Tunisie a un caractère politique nettement plus important qu'en Algérie et que le pays voisin est peut-être à la veille d'un changement de régime et, qui sait, d'une évolution franche vers la démocratie. Et ce travail de ré-encadrement de la société,le FFS n'a pas su le faire ou en a été incapable dans un pays où la censure est très présente certes, mais à un degré incommensurablement plus faible qu'en Tunisie.  Il suffit de dire qu'il n'existe en Algérie aucune censure sur le net. Essayez par contre de vous connecter sur bakchich info en Tunisie (tenez moi au courant si vous y parvenez).
Notons par ailleurs que si en Tunisie l'opposition a été victime d'une répression sans faille, avec incarcérations, torture etc. la société dans son ensemble n'a jamais été prise dans une spirale de violence telle que celle qu'a connue l'Algérie et  qui en a vacciné plus d'un contre la politique. Par ailleurs, le régime algérien, tout en restant autoritaire, a su élargir sa base politique et sociale, ce dont témoigne la coalition de partis au gouvernement, coalition qui comprenait même à un moment donné le RCD. Et que reconnaît implicitement la déclaration du FFS.
Aucune force politique algérienne d'opposition n'est en fait capable d'encadrer la colère de la population et d'emmener le pays vers une alternative. La base (composite) de l'ancien Front Islamique du Salut a soit été éliminée physiquement, soit dissuadée par la violence d'Etat,  tandis qu'une partie d'entre elle a vu ses aspirations satisfaites dans l'explosion de l'activité commerciale et est donc une des bases sociales du pouvoir..

Pour l'heure, la répression a fait quatre morts en Algérie, vingt en Tunisie. Si l'agitation semble tendre à se calmer en Algérie, elle semble partie pour durer en Tunisie. The Moor Next Door observe très justement qu'en Algérie, le président de la république comme le premier ministre se sont gardés de s'adresser publiquement aux jeunes et à la nation afin de ne pas donner de signal de faiblesse au niveau de la direction politique. Ben Ali a fait le contraire en Tunisie. Il est vrai qu'après 22 années d'exercice, son pouvoir est usé jusqu'à la corde.

Je conclurai en disant que les événements en cours au Maghreb ont encore permis de constater l'incurie de la presse française 'libre" qui a mis un certain temps à couvrir largement les troubles en Tunisie alors qu'elle a relayé sans tarder l'agitation en Algérie. L'édition de ce dimanche du journal Le Progrès de Lyon est à cet égard tout à fait exemplaire: en page 4, rubrique France-Monde, nous trouvons un article illustré d'une photo et intitulé "Algérie: au moins trois morts dans les émeutes contre l'inflation. Rien par contre sur les troubles en Tunisie (compte tenu du nombre de victimes, l'édition internet de ce journal n'a cependant pas pu ignorer cette actualité).