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mercredi 31 août 2011

L'Algérie et les "rebelles" de l'OTAN en Libye

La cause humanitaire progresse en Libye grâce à l'action concertée des médecins de l'OTAN et de leurs infirmiers fondamentalistes, ceux qu'on appelle "rebelles".
Je vous ai parlé sur ce blog des exactions que ces gens commettent, les uns par les bombardements de leur aviation sur des infrastructures civiles, les autres par des massacres perpétrés contre des innocents, avec une nette prédilection pour les personnes d'origine subsaharienne.

Cest terroristes, sûrs de l'impunité que leur confère leur alliance avec les "démocraties" occidentales, se permettent tout, non seulement en Libye mais dans les relations avec l'Algérie qui a une longue frontière commune avec ce pays.
Comme on le sait, le gouvernement algérien, tout en pratiquant la politique de l'autruche, n'a pas (encore?) reconnu le pouvoir installé en Libye par l'OTAN et les monarchies avancées du Moyen Orient. On s'en souvient, les mercenaires de l'OTAN étiquetés Conseil National de Transition (CNT) n'avaient pas tardé à accuser les autorités d'Alger de fournir des mercenaires pour renforcer les troupes du colonel Kadhafi. Ce même CNT avait très tôt annoncé avoir tué et capturé des mercenaires Algériens.
Il va de soi qu'il n'a jamais montré ces mercenaires ni aucune preuve attestant leurs dires. Sans doute par respect du droit à l'image et des conventions de Genève?

Dernièrement, c'est une partie de la famille du colonel Libyen qui s'est réfugiée en Algérie:
Depuis ce lundi, une partie de la famille de Mouammar Kadhafi est réfugiée en Algérie.« L'épouse de Mouammar El Gueddafi, Safia, sa fille Aïcha, ses fils Hannibal et Mohamed, accompagnés de leurs enfants sont entrés en Algérie à 08 h 45 par la frontière algéro‑libyenne », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Aïcha, la fille du colonel Kadhafi a d'ailleurs mis au monde une petite fille sur le sol algérien.




Aïcha Kadhafi
Les autorités algériennes n'ont pas cherché à dissimuler l'entrée de ces personnes sur le territoire puisqu'elles l'ont notifiée à l'ONU et même au CNT.
Une forme de reconnaissance indirecte de son pouvoir que ce dernier n'a pourtant que modérément apprécié. En effet, peut-on lire :

Le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion libyenne, a jugé mardi« très imprudent » le comportement de l'Algérie, qui agit selon lui contre « les intérêts du peuple libyen » en accueillant des enfants du dirigeant en fuite Mouammar Kadhafi. « Le gouvernement algérien est très imprudent de travailler contre les intérêts du peuple libyen. Il devrait penser à l'avenir (...). Kadhafi et ses fils sont terminés. Ils appartiennent au passé », a déclaré le porte‑parole du CNT à Londres, Guma Al‑Gamaty.

Comment ce Guma Al-Gamaty, qui représente une organisation de bandits qui n'a même pas encore vraiment assis son pouvoir en Libye, puisque les forces loyales au colonel Kadhafi sont loin d'être annihilées (quoique des rumeurs parlent de discussions pour une "reddition"), peut-il se permettre de tenir un tel langage, des menaces ni plus ni moins, au gouvernement d'Alger?
Le CNT vient d'ailleurs de lancer de nouvelles accusations sur l'appui logistique apporté par l'Algérie aux forces de M. Kadhafi ainsi que pour le transit de mercenaires. Pourtant, les seuls mercenaires que nous avons vus en Libye, sur son sol et dans ses espaces maritime et aérien, sont des mercenaires britanniques, Français, Espagnols, Italiens etc.
La seule réponse qui fasse sens pour expliquer la teneur des propos de ce Al-Gamaty, c'est qu'ils lui ont été  suggérée, voire dictée, par ses patrons des services secrets anglais.

Malgré un profil bas indéniable du gouvernement algérien, il semble que les choses vont avoir du mal à s'arranger entre Alger et les nouveaux maîtres de la Libye. On apprend en effet que:
L'Algérie a accueilli ces dernières 24 heures 500 Touaregs, dont des femmes et des enfants ainsi que des blessés, pourchassés par les rebelles libyens, a‑t‑on appris de source gouvernementale mercredi
Ce ne sont pas des mercenaires comme on cherchera à vous le faire croire, mais des familles qui fuient la mort transportée jusqu'à eux  dans les bagages de l'OTAN.
Pas d'intervention humanitaire des avions de l'armée française ou britannique pour eux. Car ils ne correspondent en effet pas à la définition du civil selon Sarkozy et Cameron. Pour ces derniers, est un civil menacé, tout Libyen, même armé jusqu'aux dents, qui est hostile à Mouammar Kadhafi.

Plus sérieusement, le gouvernement algérien a bien du souci à se faire s'il ne veut pas se trouver sur la prochaine liste des emplettes de l'OTAN. Il ne manque en effet pas de gens ou même de partis pour rêver d'une accession glorieuse au pouvoir par le verdict des urnes funéraires livrées par les bombardiers des sempiternels "alliés." Et les leviers de la discorde existent aussi en Algérie, et il ne sera guère difficile à des services étrangers un peu compétents de les actionner.

vendredi 8 avril 2011

Quand l'OTAN croit à sa propre propagande...

 ... ça fait des morts (chez les autres)

A force de nous seriner le message selon lequel les rebelles hostiles au régime du colonel Kadhafi étaient peu armés, les forces de l'OTAN elles-mêmes en sont venues à croire à leur propre propagande.
Car, nous le savons, les Occidentaux disent toujours la vérité car ils sont observés par le quatrième pouvoir, celui représenté par une presse notoirement libre.

Par exemple, concernant le bombardement "par erreur" hier de rebelles par les avions de l'Alliance Atlantique, le secrétaire général cette organisation,  Anders Fogh Rasmussen, a émis de "vifs regrets" , ce qui n'équivaut pas en langage diplomatique à des excuses que l'OTAN refuse de faire pour la bonne raison que l'OTAN "n'était pas au courant que les insurgés utilisaient des chars".

Pourtant, on peut lire ce qui suit dans le Daily Telegraph de Londres:
Des combattants [rebelles] disent que les tanks pris [à l'armée libyenne] ont été marqués conformément à un accord avec l'OTAN pour éviter des tirs amis accidentels., mais en vain. Selon un rebelle, plus de sept d'entre eux ont été tués et d'autres gravement blessés, dont un adolescent qui a perdu ses deux jambes. D'autres donnent un bilan différent.
Des témoins affirment que les avions ont tournoyé dans le ciel pendant une demi-heure avant de tirer de deux à quatre missiles. Dans leur fuite, les rebelles ont abandonné les autres tanks de peur d'être à nouveau frappés.
De toutes façons, 
La rébellion a fait savoir qu'elle n'exigeait pas d'excuses, simplement des explications et qu'elle souhaitait surtout une meilleure communication avec l'Otan.
Je suppose que même Bernard-Botul-Henri Lévy ne s'attendait pas à trouver des rebelles aussi dociles et soumis en Libye. Un paradoxe de plus dans cette pseudo guerre humanitaire.