Affichage des articles dont le libellé est Conseil National de Transition. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Conseil National de Transition. Afficher tous les articles

mercredi 13 mars 2013

Afghanistan, Irak, Libye, Syrie: responsabilité de protéger ou droit de semer la mort et la désolation

Vijay Prashad nous parle des prétendues guerres humanitaires que livre ou entend livrer l'Occident.

Son article traite essentiellement de la Libye, exemple type d'une guerre meurtrière au prétexte de protéger une population qui avait déjà, affirmait la propagande, subi de lourdes pertes au moment où la décision d'intervenir avait été prise.

Mais il est clair que ce qu'écrit Vishay Prashad est parfaitement valable pour la situation actuelle en Syrie.

Par Vijay Prashad, The Hindu (Inde) 12 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri 

Les Etats-Unis utilisent souvent des chiffres de victimes civiles exagérés pour plaider en faveur d'une intervention militaire dans les régions déchirées par des conflits

Depuis les années 1990, l'Occident a justifié ses interventions militaires par des motivations généreuses - pour destituer des dirigeants néfastes qui oppriment leur peuple ou qui ont commencé à pratiquer des politiques qui semblent génocidaire. Porté par l'intervention en Yougoslavie et mortifié par les massacres au Rwanda, l'Occident a incité en 2005 les Nations Unies à adopter une politique connue sous le nom de Responsabilité de Protéger (R2P). Si l'ONU établit qu’un génocide est imminent, elle a l’obligation de demander à ses Etats membres d’agir pour protéger les civils contre un tel danger. Les actions prévues comportent notamment "des démarches diplomatiques, humanitaires appropriées et d’autres moyens pacifiques" qui sont conformes avec  les chapitres VI et VIII de la Charte des Nations Unies. Si ces mesures ne suffisent pas, l'ONU est enjointe d'agir sur la base du Chapitre VII, à savoir d'utiliser la force militaire. La R2P  a consacré la doctrine de l'intervention militaire altruiste [liberal] dans les principes de l'ONU. 

Il ya un an, l'ambassadeur Indien à l'ONU, Hardeep Singh Puri, a fait une critique vigoureuse de la doctrine de la  R2P. L’ambassadeur Puri a souligné que l'ONU utilise la doctrine R2P de manière «sélective», et que quand l'ONU choisit d’intervenir dans un conflit, la phase armée est immédiate plutôt que «calibrée et progressive». La sélectivité est en fonction de ceux qui continuent à exercer leur pouvoir à travers les organes de l'ONU - c'est-à-dire que c’est l'Occident qui établit l'ordre du jour pour l'utilisation de la doctrine R2P.

L’ambassadeur Puri avait la Libye en tête à l’époque où il avait formulé ces observations. Le conflit en Libye a commencé en Février 2011. En une semaine, Ibrahim Dabbashi, le représentant adjoint de la Libye à l'ONU, avait fait défection pour rallier la rébellion et il était devant les caméras de télévision e 21 Février 2011.

“Nous nous attendons à un véritable génocide à Tripoli.” Deux jours plus tard, la télévision satellitaire Al-Arabiya, propriété de membres de la famille royale saoudienne, commençais à diffuser des informations selon lesquelles 50 000 personnes avaient été blessées et 10 000 tuées – toutes en l’espace d’une semaine, le régime Kadhafi assumant la part du lion dans la responsabilité des massacres.

La source de ces informations était Sayed al-Shanuka, le représentant de la Libye à la Cour Pénale Internationale, qui avait fait défection en faveur de la rébellion. Le britannique David Cameron et le Français Nicolas Sarkozy avaient commencé à appeler à une «zone d’exclusion aérienne» et à une certaine forme d'intervention militaire. La question de la R2P avait déjà été soulevée. Le président américain Barack Obama avait suivi, la Ligue arabe (sous la pression saoudienne) s’était alignée, l'ONU avait voté pour uneintervention et les bombardiers français et les missiles de croisière américains avaient frappé. Quelques mois plus tard, le cadavre de Kadhafi était exposé dans les rues de Syrte.

Le problème est que, même en Février 2011, Human Rights Watch n'était pas été en mesure de confirmer plus que quelques centaines de morts. Néanmoins, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, avait commencé à parler d’«informations de la presse" sur l’utilisation d’hélicoptères par les autorités libyennes pour tuer un grand nombre de civils.

Le Secrétaire Américain à la Défense Robert Gates, et le président du commandement interarmes Mike Mullen avaient également parlé d’"informations de la presse", mais quand il s avaient été mis en demeure de corroborer les informations des chaînes  satellitaires en s’appuyant sur tout l'arsenal des services de renseignement américains, ils avaient déclaré: «. Nous n'avons aucune confirmation" Une telle hésitation n’avait pas dissuadé les représentants qui siègent autour de la table en fer à cheval à New York de lever la main pour  voter oui à la résolution 1973, qui a permis à l'OTAN d'intervenir militairement en Libye.

 Tout le poids de la justification de la Résolution 1973 de l’ONU reposait sur ​​l'allégation de "lourdes pertes civiles". On a aujourd’hui des informations provenant du ministère libyen des affaires des martyrs et des personnes disparues affaires selon lesquelles le nombre total des rebelles et des civils tués au cours du conflit de 2011 s’élève à 4,700 auxquels s’ajoutent 2.100 personnes disparues. Ce nombre ne comprend pas les morts parmi les troupes de Kadhafi (et probablement pas les victimes dans les bastions de Kadhafi, comme Syrte). Miftah Duwadi, N°2 de ce ministère, a déclaré au Libyan Herald du 7 Janvier que ce n'est pas encore un "chiffre exact", mais que c'est ce qu'ils ont pour le moment. Il est probable que les chiffres définitifs ne seront pas bien loin des chiffres provisoires. 

Ces données de l'actuel gouvernement libyen contredisent en tout point les reportages d'Al-Arabiya et, bien sûr, les informations du Conseil National de Transition, qui avait affirmé constamment que des dizaines de milliers de civils avaient été tués par le régime de Kadhafi dès le premier mois de l'insurrection. Il semble maintenant que tel n’était pas le cas, et en effet, les chiffres n’ont rein à voir avec ceux d’un génocide. C’est un avertissement pour ceux qui acceptent sans mot dire ce qui leur vient de médias, qui ont des intérêts particuliers quant à l'issue des conflits. Il soulève également la question de savoir comment l'ONU arrive à certains de ses chiffres. 

Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU avait aussi fait des affirmations sur des crimes contre l’humanité en février et en mars 2011. Il s’avère maintenant que la société privée qu’il avait engagée pour collecter, mais pas pour évaluer, les chiffres des victimes, est Benetech qui est financée en partie par le Département US de la Défense. Non seulement Benetech ne procède pas à une évaluation critique des chiffres qu’elle claironne, mais ses propres intérêts ne sont peut-être pas aussi scientifiques qu’elle le prétend.

 L'ONU a refusé d'ordonner une évaluation de l'intervention de l'OTAN sur la base d’informations sur les  victimes civiles de ses bombardements (comme je l'avais indiqué dans "Quand le Protecteur se mue en Tueur», The Hindu , 11 Juin, 2012). Rien n’indique que l’ONU envisage une évaluation de la manière dont sa doctrine R2P a été subornée pour créer une résolution de l'ONU afin de justifier l'intervention de l'OTAN, particulièrement à la lumière des récentes données chiffrées libyennes. 

Image
Vijay Prashad
Vijay Prashad est professeur d'université à Hartford dans le Connecticut (USA). En 2013-2014, il occupera la chaire Edward Saïd à l'Université Américaine de Beyrouth. Il est l’auteur entre autres d’Arab Spring, Libyan Winter (New Delhi: LeftWord, 2012)

dimanche 30 septembre 2012

Mouammar Kadhafi assassiné par un tueur à gages français?


Mahmoud Jibril, ancien premier ministre du Conseil National de Transition libyen vient de déclarer lors d’un entretien télévisé que le colonel Mouammar Kadhafi n’a pas été assassiné par un milicien libyen mais par un agent, un tueur à gages, français.
Et que ce tueur agissait sur ordre et dans l’intérêt personnel du président français de l’époque Nicolas Sarkozy.
Cette théorie, nous dit-on, serait très en vogue dans les milieux diplomatiques en Libye.
Alors vrai ou faux ?
Difficile à dire, mais Mahmoud Jibril n’est sans doute pas le moins bien informé des politiciens libyens actuels !
On peut juste noter que cette théorie ou information sort au moment où on sent que Nicolas Sarkozy commence à repointer le bout de son nez. Ne l’a-t-on pas vu en effet tout sourire lors d’un récent match du Paris Saint-Germain, le club de football qui appartient désormais à ses amis du Qatar ?
On rigole,mais la prochaine fois que tu marques pas, je te bute


L’ancien premier ministre Libyen Mahmoud Jibril déclare au Caire que l’auteur du tir [mortel] était un agent qui ne faisait pas partie des milices [rebelles]
ABC (Espagne) 29 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri 

Une fois de plus, la version officielle de la mort de Kadhafi est mise en doute. Mais cette fois ci, les spéculations sont formulées par l’ancien premier ministre du gouvernement de transition qui se trouve être aujourd’hui un des prétendants à la direction politique du pays. 
Selon sa théorie, reprise ce samedi par le «Corriere della Sera», ce serait un «agent étranger» et non un membre des brigades révolutionnaires libyennes qui aurait été l’auteur du tir qui aurait finalement causé la mort de Kadhafi.

Jibril a fait ces déclarations dans une interview au Caire avec la chaîne de télévision égyptienne «Dream TV», et il a affirmé textuellement que l’auteur du tir mortel «était un agent étranger qui s’était mêlé aux brigades révolutionnaires.» 
Cette théorie est étayée, selon le journal italien, par les commentaires «non officiels» qui circulent le plus souvent chez les diplomates occidentaux présents en Libye, selon lesquels «s'il y avait vraiment un tueur à gages, il était sûrement français.»

Ce raisonnement s’appuie sur le fait que dès que l’OTAN a montré qu’elle appuyait ouvertement l’opération viant à destituer le leder libyen, ce dernier a menacé de révéler les détails de sa relation avec l’ancien président de la France, Nicolas Sarkozy, qui «avait donc raisons plus que suffisantes pour essayer de lui ôter la vie,» soutient le Corriere Della Sera qui fait référence à des révélations recueillies par le journal il y a trois jours à Benghazi.

mercredi 31 août 2011

L'Algérie et les "rebelles" de l'OTAN en Libye

La cause humanitaire progresse en Libye grâce à l'action concertée des médecins de l'OTAN et de leurs infirmiers fondamentalistes, ceux qu'on appelle "rebelles".
Je vous ai parlé sur ce blog des exactions que ces gens commettent, les uns par les bombardements de leur aviation sur des infrastructures civiles, les autres par des massacres perpétrés contre des innocents, avec une nette prédilection pour les personnes d'origine subsaharienne.

Cest terroristes, sûrs de l'impunité que leur confère leur alliance avec les "démocraties" occidentales, se permettent tout, non seulement en Libye mais dans les relations avec l'Algérie qui a une longue frontière commune avec ce pays.
Comme on le sait, le gouvernement algérien, tout en pratiquant la politique de l'autruche, n'a pas (encore?) reconnu le pouvoir installé en Libye par l'OTAN et les monarchies avancées du Moyen Orient. On s'en souvient, les mercenaires de l'OTAN étiquetés Conseil National de Transition (CNT) n'avaient pas tardé à accuser les autorités d'Alger de fournir des mercenaires pour renforcer les troupes du colonel Kadhafi. Ce même CNT avait très tôt annoncé avoir tué et capturé des mercenaires Algériens.
Il va de soi qu'il n'a jamais montré ces mercenaires ni aucune preuve attestant leurs dires. Sans doute par respect du droit à l'image et des conventions de Genève?

Dernièrement, c'est une partie de la famille du colonel Libyen qui s'est réfugiée en Algérie:
Depuis ce lundi, une partie de la famille de Mouammar Kadhafi est réfugiée en Algérie.« L'épouse de Mouammar El Gueddafi, Safia, sa fille Aïcha, ses fils Hannibal et Mohamed, accompagnés de leurs enfants sont entrés en Algérie à 08 h 45 par la frontière algéro‑libyenne », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Aïcha, la fille du colonel Kadhafi a d'ailleurs mis au monde une petite fille sur le sol algérien.




Aïcha Kadhafi
Les autorités algériennes n'ont pas cherché à dissimuler l'entrée de ces personnes sur le territoire puisqu'elles l'ont notifiée à l'ONU et même au CNT.
Une forme de reconnaissance indirecte de son pouvoir que ce dernier n'a pourtant que modérément apprécié. En effet, peut-on lire :

Le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion libyenne, a jugé mardi« très imprudent » le comportement de l'Algérie, qui agit selon lui contre « les intérêts du peuple libyen » en accueillant des enfants du dirigeant en fuite Mouammar Kadhafi. « Le gouvernement algérien est très imprudent de travailler contre les intérêts du peuple libyen. Il devrait penser à l'avenir (...). Kadhafi et ses fils sont terminés. Ils appartiennent au passé », a déclaré le porte‑parole du CNT à Londres, Guma Al‑Gamaty.

Comment ce Guma Al-Gamaty, qui représente une organisation de bandits qui n'a même pas encore vraiment assis son pouvoir en Libye, puisque les forces loyales au colonel Kadhafi sont loin d'être annihilées (quoique des rumeurs parlent de discussions pour une "reddition"), peut-il se permettre de tenir un tel langage, des menaces ni plus ni moins, au gouvernement d'Alger?
Le CNT vient d'ailleurs de lancer de nouvelles accusations sur l'appui logistique apporté par l'Algérie aux forces de M. Kadhafi ainsi que pour le transit de mercenaires. Pourtant, les seuls mercenaires que nous avons vus en Libye, sur son sol et dans ses espaces maritime et aérien, sont des mercenaires britanniques, Français, Espagnols, Italiens etc.
La seule réponse qui fasse sens pour expliquer la teneur des propos de ce Al-Gamaty, c'est qu'ils lui ont été  suggérée, voire dictée, par ses patrons des services secrets anglais.

Malgré un profil bas indéniable du gouvernement algérien, il semble que les choses vont avoir du mal à s'arranger entre Alger et les nouveaux maîtres de la Libye. On apprend en effet que:
L'Algérie a accueilli ces dernières 24 heures 500 Touaregs, dont des femmes et des enfants ainsi que des blessés, pourchassés par les rebelles libyens, a‑t‑on appris de source gouvernementale mercredi
Ce ne sont pas des mercenaires comme on cherchera à vous le faire croire, mais des familles qui fuient la mort transportée jusqu'à eux  dans les bagages de l'OTAN.
Pas d'intervention humanitaire des avions de l'armée française ou britannique pour eux. Car ils ne correspondent en effet pas à la définition du civil selon Sarkozy et Cameron. Pour ces derniers, est un civil menacé, tout Libyen, même armé jusqu'aux dents, qui est hostile à Mouammar Kadhafi.

Plus sérieusement, le gouvernement algérien a bien du souci à se faire s'il ne veut pas se trouver sur la prochaine liste des emplettes de l'OTAN. Il ne manque en effet pas de gens ou même de partis pour rêver d'une accession glorieuse au pouvoir par le verdict des urnes funéraires livrées par les bombardiers des sempiternels "alliés." Et les leviers de la discorde existent aussi en Algérie, et il ne sera guère difficile à des services étrangers un peu compétents de les actionner.

samedi 27 août 2011

Les "rivières de sang" coulent en Libye. Les responsables sont à Bruxelles,Paris, Londres et Washington (ainsi que dans un somptueux riad au Maroc)


Comme je l’avais écrit précédemment, chose promise, chose due, les prétendus rebelles se livrent à des massacres dont certains à caractère strictement raciste dans les zones qu’ils contrôlent.
L’ONU appelle les deux parties à la « retenue » alors même que ce sont les « rebelles » qui se livrent aux exactions et que rien de convaincant n’est apporté pour nous persuader que les troupes du colonel Kadhafi se livrent à des choses semblables.
Lisez bien cet article car même s’il essaye de noyer le poisson et ne fait que suggérer l'ampleur des exactions, il dit cependant les choses dans leur brutale crudité
Et appréciez le cynisme du ministère des affaires étrangères qui dit n’avoir aucun moyen de vérifier les informations sur les crimes commis par les rebelles. C’est sûr, comment les britanniques auraient-ils des informations sur les agissements de rebelles qu’ils font plus qu’épauler par des bombardements massifs et destructeurs et par des équipes des forces spéciales qui les accompagnent sur le terrain? Britanniques, Français et Américains sont en réalité les véritables chefs des « rebelles » et ces derniers se sont toujours pliés à toutes les exigences de leurs patrons.
Il leur est effectivement impossible de « confirmer » ces crimes, à la différence de ceux dont on a accusé Kadhafi, sans preuves, engageant ainsi le processus aboutissant au désastre actuel. La responsabilité de protéger (R2P) ne s'applique effectivement que quand elle est utile des sempiternels bienfaiteurs de l'humanité regroupés dans une association de secouristes désintéressés baptisée OTAN.
Toute honte bue, un représentant de la diplomatie britannique accuse le régime de M. Kadhafi des continuer à se livrer à des exactions, manière précisément d’exonérer les rebelles. Car, eh oui, au Royaume Uni on ne transige pas avec les droits de l’homme et tout auteur de crimes de guerre, nous dit le Foreign office doit être jugé. Cet avis est émis dans une formule hypocrite : « toute personne trouvée  coupable de crimes devrait en répondre.» Or, la détermination de la culpabilité est l’objet et non la condition d’un procès.



Les droits de l'homme selon  l'OTAN

L’ONU appelle à la retenue alors que les rebelles assouvissent leur vengeance sur les ‘loyalistes’
par Kim Sengupta à Tripoli, The Independent (UK) 27 août 2011traduit de l’anglais par Djazaïri
Les tueries ont été impitoyables.
Elles ont eu lieu dans un hôpital de fortune, dans une tente arborant bien en évidence l’insigne du Croissant Rouge. Certains des cadavres étaient sur des civières, branchés sur une perfusion. Certains étaient à l’arrière d’une ambulance qui avait été visée par des tirs. Quelques uns étaient par terre, ayant tenté apparemment de ramper vers un lieu sûr au moment où les balles ont frappé.
Environ 30 hommes gisaient  en décomposition sous la chaleur. Beaucoup d’entre eux avaient les mains liées dans le dos, soit avec des menottes en plastique, soit avec de la corde. Presque toutes les victimes étaient des hommes noirs. Leurs corps avaient été jetés près du lieu de deux batailles acharnées entre les rebelles et les forces du régime à Tripoli.
“Venez voir. Ce sont des noirs, des Africains recrutés par Kadhafi, des mercenaires,” criait Ahmed Bin Sabri; en soulevant le rabat de la tente pour montrer le corps d’un patient mort dont le maillot ce corps gris est tâché de sang. le tuyau de la perfusion branché sur son bras noir parcouru par les mouches. Pourquoi un homme blessé recevant des soins a-t-il été exécuté ? M. Sabri, plus un sympathisant des rebelles qu’un combattant, hausse les épaules. L’idée que quelque chose de mal a été commis est incompréhensible pour lui.
Les cadavres se trouvaient sur les accotements gazonnés de deux grands ronds-points entre Bab-al-Azizia, le quartier général de Mouammar Kadhafi investi par les révolutionnaires ce weekend et Abou Salim, un quartier loyaliste qui a été le théâtre de trois jours de violence féroce
Les Nations Unies ont publié hier un appel urgent à la retenue de la part des deux parties dans l’épilogue sanglant e amer de la guerre civile. Mais la soif de vengeance a été difficile à contrôler, et les morgues comme les hôpitaux ou les terrains de tueries dans la capitale libyenne en portent témoignage.
Le  terrible avertissement formulé dans un récent discours de Kadhafi selon lequel la population de Tripoli serait persécutée par les révolutionnaires et que les femmes seraient violées chez elles est sans fondement, tout comme les affirmations semblables de son apologiste officiel, Moussa Ibrahim.
Il est également avéré que le régime a à plusieurs reprises déchaîné une violence  effroyable contre son propre peuple. Mais le nombre croissant d’hommes originaires d’Afrique subsaharienne tués par les rebelles – lynchés le plus souvent – soulève des questions gênantes sur la prise de contrôles du gouvernement par les instances de l’opposition, le Conseil National de Transition, et sur le soutien que l’Occident lui apporte.
Les atrocités ne sont apparemment pas restées confines à Tripoli: Amnesty International a signalé des violences semblables dans la ville côtière de Zawiyah, le plus souvent contre des hommes d’origine subsaharienne qui, a-t-il été affirmé, étaient des travailleurs migrants.
The Independent croit savoir que la question des atrocités qu’on soupçonne les rebelles d’avoir perpétrées a été évoquée avec des membres du Conseil National de Transition ces derniers jours par des responsables Britanniques qui on fait savoir clairement leur « préoccupation » devant les informations en provenance de Tripoli, et que la position de Londres était que toute personne soupçonnée de crimes de guerre serait jugée. Le ministère des affaires étrangères a souligné que ces apparentes exécutions de soldats pro-Kadhafi restaient non confirmées pour l’instant.
Un porte parole du ministère a déclaré: “Nous sommes au courant de ces informations, mais n’avons aucun moyen de les vérifier. Nous condamnons toutes les atteintes aux droits de l’homme. Les dirigeants du Conseil national de Transition ont assuré de la nécessité d’éviter la violence et les représailles et a affirmé de manière répétée que toute personne trouvée  coupable de crimes devrait en répondre. Nous avons insisté sur l’importance de cet aspect dans nos discussions avec eux. Il y a là un contraste frappant avec Kadhafi qui continue à lancer des attaques violentes et indiscriminées contre le peuple libyen. »
Mais, pour certains de ceux qui sont sur le terrain à Tripoli, un point de vue différent est en train de prendre forme. Depuis le début du soulèvement en février dernier, l’opposition a essayé de présenter le conflit comme étant mené par des patriotes Libyens contre des mercenaires recrutés par le dictateur. Certaines des histoires avaient vite pris une tournure fantaisiste, comme celle de l’équipe de choc de femmes snipers, Serbes ou Colombiennes selon les versions. Mais ce sont des hommes noirs, très souvent des travailleurs migrants, qui ont payé de leurs vies après avoir été accusés d’être des mercenaires.
Seuls quelques uns des tués trouvés hier sur les ronds-points portaient un uniforme. Cependant, les forces du régime ont souvent porté des tenues civiles pendant les affrontements à Tripoli. Les combats de rue pour Abou Salim ont été particulièrement durs parce que les tireurs d’élite du régime ont prélevé un lourd tribut dans les rangs des combattants volontaires d’al-Shabab. Ces pertes, et la frustration devant la résistance tenace de l’ennemi après l’entrée dans la capitale et l’accueil enthousiaste des habitants, ont eu pour résultat quelque chose d’approchant de la rage chez certains révolutionnaires ces derniers jours.
“Ils nous tiraient dessus et c’est la raison pour laquelle ils ont été tués,” explique Mushab Abdullah, un combattant rebelle âgé de 35 ans originaire de Misrata, en désignant les cadavres. « Ca a été vraiment dur à Abou Salim, parce que ces mercenaires savent que, sans Kadhafi pour les protéger, ils sont fichus. C’est pour ça qu’ils ont combattu si âprement. »
Son compagnon, Mohammed Tariq Muthar, les compte sur les doigts de sa main : « Nous avons trouvé des mercenaires du Tchad, du Niger, du Mali et du Ghana, tous avec des fusils. Et ils étaient en action contre nous. »
Mais, si ces hommes ont été tués en action, pourquoi étaient-ils mains liées dans le dos? « Peut-être qu’ils étaient blessés, et qu’ils avaient été emmenés dans cet hôpital et que les menottes étaient là pour qu’ils arrêtent d’attaquer. Et puis quelque chose a mal tourné, » suggère M. Abdullah.
Les “collaborateurs” Libyens ethniques [sic] ont également été l’objet des attentions punitives des révolutionnaires. La prison d’Abou Salim, un lieu de triste notoriété où 1200 détenus avaient été massacrés par le régime en 1996, a vu ses portes grandes ouvertes jeudi par les révolutionnaires, permettant à 4 000 prisonniers de sortir. On parle maintenant d’utiliser cet ensemble carcéral pour les soldats de Kadhafi capturés.
En attendant, Ahmed Safar Warfalla a été détenu dans une “cellule” temporaire, une pièce fermée dans une école de Tajoura, en banlieue. M. Warfalla est accusé de diffuser la propagande de Kadhafi.  Trois « mercenaires » Tchadiens  détenus au même endroit ont déjà été transférés en prison et la milice locale réfléchit à ce qu’elle va faire d’eux.
“Ils m’accusent d’un crime, mais voilà ce que j’ai fait,” explique M. Warfalla qui sort un exemplaire du Coran de sa poche et le brandit vers le ciel. « Dieu et la Libye, » avait-il crié. “Ils ont la technologie de l’OTAN ? Ceci est la technologie arabe, musulmane. Nous ne serons pas vaincus.”
Après s’être consultée brièvement, la milice a décidé de laisser M. Warfalla partir. « A quoi bon le garder ; cet homme est fou, » explique Adussalem Mohammed Ashur. « Si c’était moi et que j’étais prisonnier de Kadhafi, je ne m’en serais pas tiré si facilement. Des gens ont disparu pour avoir dit quelque chose. »
Amnesty International a déclaré hier avoir obtenu des preuves que les forces gouvernementales avaient tué des prisonniers détenus dans deux camps à Tripoli. Une des attaques a eu lieu dans un camp militaire à Khilit al-Ferjan où 160 détenus avaient essayé de fuir après que les gardes leur aient dit que les portes n’étaient pas verrouillées. « Au moment où les détenus ont fait irruption à travers les portes du hangar, deux autres gardes ont ouvert le feu et lancé cinq grenades sur le groupe, » relaté l’organisation des droits de l’homme dans un rapport.
Pendant ce temps, les Tornados GR4 de la RAF tiraient des missiles de croisière sur un bunker à Syrte, la ville natale du colonel Kadhafi qui continue à repousser les assauts rebelles. Ahmed Bani, un porte parole militaire du CNT, déclare : Ce sera peut-être utile les bombardements]. Peut-être que les mercenaires qui sont là bas s’enfuiront. Ce qui permettra aux habitants de se soulever et à nous de mettre le point final. »

jeudi 25 août 2011

Les "rebelles" massacrent à Tripoli. Chose promise, chose due.

Les massacres que M. Bernard-Botul-Henri Lévy entendait prévenir en Libye sont en train de se produire. Personne ne pourra feindre d’être surpris car Mustapha Abdeljalil, leader du Conseil de National de Transition les avait annoncés clairement et en toute franchise.
Et les forces liguées contre la Libye au nom des principes humanitaires savaient parfaitement aux côtés de qui elles faisaient tonner leurs armes.

Cette dépêche de l’Associated Press nous donne un petit aperçu des aptitudes criminelles des amis de M. Bernard-Henri-Lévy. J’ai envie d’écrire que qui se ressemble s’assemble.

Notez bien comment l’Associated Press, qui ne peut éviter de retransmettre l’info obtenue par ses équipes de terrain fait son possible pour, si ce n’est disculper les tueurs « rebelles », presque renvoyer dos à dos ces criminels et le gouvernement de M. Kadhafi.
Appréciez par exemple ce passage : « On n’a pas de certitude sur l’identité des morts mais il s’agit, selon toute probabilité ». Quelle est la différence entre ne pas être certain et être pratiquement sûr ? Oui, ce sont des termes qui s’opposent.

Un peu plus loin, on peut lire qu’un des morts avait au poignet une pièce d’étoffe verte, la couleur du drapeau de la Libye de Kadhafi. N’importe qui sait que le port d’une pièce de tissu de couleur verte au poignet est très courant dans tout le Maghreb et sans doute en d’autres terres musulmanes. Pas besoin d’adhérer à l’idéologie de Kadhafi pour ce faire.
Ce cadavre au bout d’étoffe verte donne d’ailleurs une autre occasion d’insinuation à l’Associated Press qui constate que ce corps a la peau nettement plus foncée que le Libyen moyen,  ce qui donne l’occasion de rappeler, sans preuve d’aucune sorte, que Kadhafi avait recruté des « combattants » d’Afrique subsaharienne.
D’ailleurs, même si Kadhafi l’avait fait, en quoi cette pratique différait-elle par exemple de ce qu’on appelle en France la Légion Etrangère ?
Et l'Associated Press signale-t-elle la présence aux côtés des «rebelles» de nombreux mercenaires venus d’Europe à bord de leurs avions de combat et de leurs navires de guerre?
Aux atrocités commises par les rebelles, l’Associated Press oppose, pour la forme, des atrocités commises, selon le commandement « rebelle » par les troupes de M. Kadhafi. Je dis pour la forme parce qu’aucune élément de preuve n’est apporté. Et que par contre, les « rebelles » se sont gardé d’accuser les soldats de M. Kadhafi d’avoir commis ces assassinats.


Par Paul Schemm, AP Seattle Post Intelligencer (USA) 25 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri




Tripoli: cadavres ce civils en décomposition. Beaucoup sont ligotés mains dans le dos.


Tripoli, Libye – Les cadavres sont éparpillés sur une place gazonnée près de Bab al Azizia, le quartier général de Mouammar Kadhafi. Ils sont étendus sur des parcelles de verdure, comme s’ils faisaient la sieste affalés sous des tentes. Certains d’entre eux ont les poignets entravés pas des liens en plastique. On n’a pas de certitude sur l’identité des morts mais il s’agit, selon toute probabilité, de militants  qui avaient mis en place un village de tentes impromptu en solidarité avec Kadhafi à proximité de son quartier général, au mépris de la campagne de bombardement de l’OTAN.

Il est impossible de savoir qui les a tués, mais cette découverte renvoie au spectre inquiétant de tueries en masse de non combattants, de prisonniers et de blessés.
Entre Bab al Azizia, prise par les rebelles ce mardi, et le bastion de Kadhafi dans le quartier d’Abou Salim, où les combats faisaient rage jeudi, les journalistes d’Associated Press ont vu une vingtaine de cadavres jeudi. Cinq ou six se trouvaient dans un rond-point, sous des tentes qui abritaient des militants et arboraient les drapeaux de nombreuses nations africaines. Un mort avait une perfusion à un bras, un autre cadavre était complètement carbonisé, sans jambes.

Au moins dix autres cadavres ont été trouvés dans une zone herbeuse et un canal non loin. Plusieurs des tués sont mains liées dans le dos et ont été reçu des  balles dans la tête. Un cadavre vêtu d’une blouse de médecin hospitalier a été découvert dans le canal. Les corps étaient gonflés.

Un des morts avait une pièce d’étoffe d’un vert de couleur vive, la couleur nationale de la Libye de Kadhafi nouée à son poignet. Cet homme avait un teint de peau plus foncé que celui de la majorité des Libyens. Kadhafi avait recruté des combattants d’Afrique subsaharienne,

D’après le conseil militaire rebelle de Misrata, une ville portuaire de l’ouest, des prisonniers détenus par les forces de Kadhafi dans la base aérienne de Metiga ont été enfermés et des grenades ont été jetées dans leurs cellules. Le conseil dit que les rebelles ont récupéré pour l’instant 13 corps sévèrement brûlés
Le régime de Kadhafi détenait des milliers de prisonniers politiques.

mercredi 24 août 2011

L'Iran et le Liban reconnaissent l'autorité du Conseil National de Transition en Libye

Je l’ai observé à plusieurs reprises sur ce blog, le processus qui a conduit à l’agression de l’OTAN contre la Libye s’est fait sur la base d’une convergence d’intérêts non seulement entre  les démocraties libérales occidentales et les monarchies rétrogrades du Moyen Orient mais aussi des humanistes précités avec le régime iranien et le Hezbollah libanais !
Ces deux derniers étant pourtant l’incarnation du mal absolu pour ceux qui chérissent plus que tout l’entité sioniste.
Le gouvernement iranien vient d’ailleurs de féliciter les « rebelles » pour leur succès dans la lutte contre le colonel Mouammar Kadhafi.

Certes, l’Iran n’est pas dupe de ce qui vient de se passer en Libye et sait fort bien que ce sont les armées de l’OTAN qui ont en réalité obtenu le résultat. Mais les autorités de Téhéran prennent sans doute date pour l’avenir et tablent sur un probable fiasco de la gestion politique de la Libye après la fin des opérations militaires. A l’instar de ce qui s’est passé en Afghanistan et en Irak, deux pays où les Etats Unis s’appuient discrètement sur l’Iran pour limiter les dégâts alors même qu’ils n’ont de cesse de fustiger publiquement la république islamique.

L’Iran est, en tout cas si on le compare aux autres pays du Moyen orient et du Maghreb, un pays démocratique et un état de droit. Sur ce dernier point, elle peut sans doute en remontrer à la justice de ce pays qui vient de blanchir un violeur qui va maintenant se pavaner la tête haute, alors même que sa victime devra raser les murs.
Et l’Iran comme le Hezbollah n’éprouvaient aucune sympathie pour le régime de M. Kadhafi à qui ils reprochaient l’enlèvement (et peut-être le meurtre) d’une figure emblématique du chiisme libanais, l’imam Moussa Sadr. Ce dernier avait été rien moins que l’architecte de l’affirmation des Chiites au Liban, une frange de la population auparavant laissée pour compte. S’il n’a pas été le fondateur du Hezbollah, il en a été le précurseur très inspiré.

Ce fait n’a guère été médiatisé en Europe (et pour cause !) mais la justice libanaise avait émis à ce propos des mandats d’arrêt contre le colonel Kadhafi et d’autres dirigeants Libyens.
Aujourd’hui, les autorités libanaises attendent du Conseil National de Transition qu’elles soutiennent l'élucidation du mystère de la disparition de l’imam Moussa Sadr. Même le néofasciste des Forces Libanaises Samir Geagea appelle les dirigeants « rebelles » de Libye «à faire la lumière sur l’affaire Sadr.» Une rare convergence de vue entre des camps que tout oppose habituellement !

Et pour ceux qui se demandent, en quoi cela concerne l’Iran en dehors de l’appartenance au chiisme du Hezbollah, il suffit de savoir que tous ces dignitaires chiites, Iraniens, Irakiens, Libanais sont unis depuis très longtemps par des liens matrimoniaux et de parenté. Eh oui, dans la vie il ‘y a pas que la politique !

L’Orient le Jour (Liban) 23 août 2011

Le ministre de la Santé, Ali Hassan Khalil (Amal), a annoncé aujourd’hui la formation d’un comité présidé par un ministre, chargé de suivre la question de la disparition de l’Imam Moussa Sadr et de ses compagnons, a rapporté la chaîne de télévision OTV. Le comité devrait se rendre en Libye où il reconnaîtra officiellement le Conseil national de transition (CNT) libyen.
L’imam chiite avait disparu avec cheikh Mohammed Yacoub et le journaliste Abbas Badreddine en Libye dans des circonstances mystérieuses après avoir été invités à s’y rendre par Mouammar Kadhafi pendant la guerre civile libanaise. Les autorités libyennes ont toujours déclaré que les trois disparus avaient quitté la Libye pour se rendre en Italie, ce que Rome a démenti. En 2004, les passeports de l’imam Sadr et de M. Yacoub avaient été retrouvés dans un hôtel à Rome.
En août 2008, le Liban a émis des mandats d’arrêts contre Mouammar Kadhafi et d’autres personnalités libyennes, les accusant d’avoir kidnappé l’imam Sadr et ses compagnons.


jeudi 26 mai 2011

La guerre contre la Libye, ou l'impérialisme au petit pied


Romandie News rapporte, en s’appuyant sur une source officielle, que le gouvernement des Etats-Unis apporte une aide matérielle aux « alliés » qui offrent la démocratie à la Libye. Comme il s’agit d’une version remise au goût du jour de la politique de la canonnière, cette aide comprend des armes et de s munitions.
Nous avons donc des pays qui participent à une politique impérialiste sans plus vraiment en avoir les moyens. Pourtant la Libye est ce qu’on peut appeler un petit pays dont l'armement  est en grande partie désuet et manipulé par du personnel militaire aux compétences inégales voire incertaines, dont une partie d’ailleurs a rejoint le camp rebelle qui lutte contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Cette contribution des Etats-Unis s’élèverait pour l’instant à un peu plus d’une vingtaine de millions de dollars. Une somme qui est trop modique pour être signalée et est donc probablement inférieurs à la réalité.

Prenons un exemple d’un de ces pays à prétention impériale qui joue cette petite partie libyenne qui est pourtant au dessus de ses moyens : la Grande Bretagne qui, peu de temps avant le début de l’agression contre la Libye, avait renoncé l’an dernier pour des raisons financières à ses avions de patrouille maritime Nimrod, des aéronefs bourrés d’électronique. Ces engins sont indispensables à la protection d’une flotte de combat et la Royal Navy a dû s’en procurer en empruntant un avion de la même catégorie à l’US Navy.
P3 - Orion
Une humiliation qui n’a pas échappé au Daily Mail qui évoque avec mépris « l’aéroplane » (l’Orion est un avion à hélices) qui remplit la mission qui revenait normalement au Nimrod qui est un avion à réaction.


BAE Nimrod
 Résultat, au moins en partie, des articles de la presse britannique, le ministère de la défense de ce pays vient de décider le maintien en service d’un de ces fameux avions de patrouille maritime pour un coût jugé cependant exorbitant.

Jacques Borde (un pedigree pas banal soit dit en passant) parle de cet aspect de la guerre dans un entretien qu’on peut lire sur le site Géostratégie.
Il évoque également cette autre puissance impérialiste au pied maintenant trop petit, la France en l’espèce, qui a utilisé massivement le bombardement d’artillerie de marine dans le but de faire beaucoup de bruit (pour pas grand-chose) tout en limitant les coûts. Et qui a dû renoncer à embarquer des appareils de type SEM 7 (Super Etendard modernisé) sur le porte-avions Charles de Gaulle en raison de « la faible disponibilité de ce parc. »

Une guerre au rabais par des puissances au rabais comme l’écrit Jacques Borde.

On ne sera donc pas surpris si la France et le Royaume Uni insistent tellement pour que les « alliés « renforcent leur participation à la guerre. Ces deux pays comptent bien partager les frais mais je doute qu'ils acceptent de partager les dépouilles de la Libye en cas de chute ou d’élimination du colonel Kadhafi.
J’imagine qu’ils espèrent aussi pouvoir se servir directement dans les caisses de l’Etat libyen en cas de reconnaissance internationale très large du Conseil National de Transition qui gouverne à Benghazi au nom de la CIA. 

Le premier jour de guerre contre la Libye a coûté 100 millions de dollars aux contribuables US ; ce coût serait de 3 millions de £ par jour pour la Grande Bretagne (près de 3,5 millions d’Euros). Sans compter le renchérissement du prix de l’essence pour les consommateurs en raison de l’indisponibilité du pétrole libyen sur le marché international.
La France est la seule des trois principales puissances engagées à ne pas avoir de problème avec les dépenses engagées ou à venir, entre 150 et 250 millions d’euros sur un an pour le maintien d’une zone d’exclusion aérienne (or nous n’en sommes pas/plus là).

Il est clair que ce sont les Etats Unis qui assument la majeure partie des dépenses et que, s’ils ne le faisaient pas, les économies française et britannique auraient été incapables d’assumer les coûts de cette énième aventure impérialiste.