mercredi 17 juillet 2013

Des porcs dans un carré musulman: ce qu'un acte islamophobe en Australie nous dit sur l'islamophobie en Occident

L’islamophobie se manifeste par des paroles, des écrits ou des actes comme par exemple des profanations de lieux de culte ou de tombes.

Et c’est un phénomène qui touche toutes les sociétés occidentales, que ces dernières accueillent ou pas une communauté musulmane importante.

C’est par exemple le cas de l’Australie où le carré musulman d’un cimetière vient d’être profané. Or, en Australie, les Musulmans représenteraient un peu plus de 2 % de la population d’après Wikipedia

C’est que partout, l’islamophobie qui se manifeste actuellement a une cause commune qui a moins à voir avec les Musulmans eux-mêmes qu’avec les inflexions idéologiques initiées, encouragées et parfois portées directement par la frange extrême du lobby sioniste. Et comme on le sait, en matière de sionisme,  la frange extrême est  un euphémisme pour désigner le courant majoritaire, le sionisme étant par définition une doctrine extrémiste.

Ces inflexions ont d’abord été testées avec la droite extrême avant d’être diffusées plus largement pour se retrouver maintenant dans le fonds du discours commun.

Il est par exemple pour le moins piquant de constater que la toute récente interpellation de Kristian Vikernes, un extrémiste de droite Norvégien sur le sol français donne l’occasion à la presse de lancer une charge contre le Front National au motif que cet individu aurait fait l’éloge de la ligne politique de ce parti sur son blog, appelant même les Français à voter pour Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle.
Ce monsieur est un émule d’Anders Behring Breivik, le terroriste auteur d’un attentat à Oslo et d’un massacre dans l’île d’Utoeya.

En admettant que ce sujet Norvégien représentait une véritable menace d’ampleur (ce qui ne semble pas évident) ,on doit quand même dire que si la presse voulait être un peu sérieuse, elle n’omettrait pas de rappeler que parmi les références intellectuelles du tueur d’Oslo et d’Utoeya se trouvait un philosophe Français ayant pignon sur rue, que les victimes d’Utoeya étaient de jeunes militants travaillistes qui se réunissaient entre autres pour manifester leur solidarité avec le peuple palestinien, que le tueur affichait ouvertement son aversion pour la religion musulmane et son adhésion à la cause sioniste, et que de nombreux sionistes lui ont exprimé ouvertement leur soutien.

Le seul point sur lequel le Front National reste encore en retrait par rapport au discours commun et autorisé, est précisément celui du soutien à l’idéologie sioniste. 

A la différence des autres forces de l’extrême droite européenne, le parti de  Mme Le Pen n’a pas encore pu ou su franchir complètement ce dernier pas.
L'extrême droite européenne a déjà fait son aggiornamento
L'extrême droite européenne a déjà fait son aggiornamento
Probablement parce que les racines du Front National sont à situer dans le pétainisme et non dans le nazisme.

Les idées défendues par le Front national sont assurément détestables, mais je ne vois personnellement pas pourquoi ce parti serait le seul à être stigmatisé dans les commentaires qui portent sur l’arrestation de ce présumé terroriste Norvégien qui n’est quand même pas le seul à avoir appelé à voter Le Pen (et encore moins à avoir voté pour elle).

Des restes de cochons morts jetés près de tombes musulmanes

Par Michael Hopkin, WA Today (Australie) 16 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les autorités enquêtent sur un incident dans lequel deux porcs morts ont été jetés dans le carré musulman d’un cimetière de Baldivis [un faubourg de Perth].
Deux têtes de cochons et un tas de viscères ont été laissés sous un panneau signalant le carré musulman du cimetière Rockingham Memorial Regional Park.
Le personnel du cimetière a découvert les carcasses lundi matin et a prévenu la police, la mairie de Rockingham et les responsables de la communauté musulmane.

Restes de porcs jetés dans le carré musulman
Restes de porcs jetés dans le carré musulman du cimetière de Rockingham
“C’est le premier incident de ce genre dans le cimetière et il est traité comme un évènement isolé,” a déclaré un porte parole du Metropolitan Cemeteries Board [autorité qui gère les cimetières].

Le site web de la station de radio 6PR a publié des images choquantes des restes des cochons qui ont été retirés par le personne «en procédure d’urgence absolue» a déclaré le porte parole.

Les membres d’une famille ont été affolés par la découverte des entrailles [de porcs] alors qu’ils rendaient visité à la tombe d’un proche qui avait été enterré dans le cimetière le mois dernier.
Mira, la nièce de l’homme [enterré] a déclaré à 6PR qu’elle et sa famille ont été choquées et abasourdie par la découverte.

«L’effort qu’ils ont dû faire pour amener ça, cette haine – ça défie l’entendement,» a-t-elle dit.
“Parce que mettre n’importe quel animal mort près de vos proches [décédés] est un acte offensant. »
Les adeptes de la religion musulmane considèrent le porc comme un animal impur.

Iqbal Samnakay, président le la Muslim Social and Sports Association, affirme que cet incident aurait été insultant pour n’importe qui, pas seulement pour les Musulmans.

“Tout le monde s’attend à ce que les cimetières soient respectés et non profanes,”  dit-il.
Il ajoute que cet incident était aussi irrespectueux à l’égard des animaux eux-mêmes.
“En tant que musulmans, nous ne devons pas manger de porc, mais cela ne veut pas dire que nous nedevrions pas les respecter pour ce qu’ils sont,” dit-il.

L’incident est survenu pendant le mois sacré de Ramadan, pendant lequel les Musulmans sont invites à prier et à jeûner. 

M. Samnakay dit aussi qu’il faut pardonner aux personnes, quelles qu’elles soient, qui ont laissé les  cochons dans le cimetière
“C’est le mois du pardon, alors nous leur pardonnerons,”dit-il.

dimanche 14 juillet 2013

Propagande sur la Syrie: nouvelle variation sur les gentils et les méchants

On ne sait pas trop comment va évoluer le conflit en Syrie. Certes, les forces gouvernementales semblent avoir repris la main sur le terrain et infliger de sérieux revers aux forces d’opposition. 
Sur le plan politique intérieur, Bachar al-Assad vient de montrer qu’il avait les coudées franches puisqu’il a a été en capacité de faire d’importants changements de personnel dans le parti Baath, le parti auquel son pouvoir est adossé.

Enfin, certains de ses ennemis jurés sont en grande difficulté, comme le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan voire même ont été éliminés de la scène politique comme l’émir du Qatar où le président Egyptien Mohamed Morsi.

syrie

Ceci dit, les Etats Unis et l’Arabie Saoudite n’ont pas renoncé à nuire à la Syrie et Barack Obama vient même d’annoncer que Washington respecterait son engagement de livrer des armes à l’opposition syrienne.

Pour surmonter les réticences exprimées par une partie de la classe politique aux Etats Unis, le discours public sur la Syrie été rectifié et les armes promises sont destinées aux rebelles modérés qu’on sait maintenant bien identifier puisqu’ils s’affrontent par les armes avec les « extrémistes ».
Comme le relève Moon of Alabama, ces affrontements relèvent plus de querelles locales que de divergences sur le fond.

Syrie: les insurgés "modérés”

Moon Of Alabama (USA) 13 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il est bien connu que les insurgés syriens ont reçu, avec l'aide des Etats Unis, de nombreuses nouvelles armes provenant de divers pays arabes:
Salim Idriss, chef du commandement militaire de l’Armée Syrienne Libre (ASL) a déclaré que les nouvelles armes ont permis à l'armée rebelle de «détruire plus de 90 véhicules blindés du régime syrien."
Mais même ces nouvelles armes ne sont pas assez pour eux. Avec leurs soutiens arabes et «occidentaux», ils  continuent à faire pression pour plus d'armes. Obama semble être prêt à livrer plus d’armes :
Le président Barack Obama a dit vendredi au roi d'Arabie Saoudite  qu'il s'est engagé à apporter le soutien des Etats Unis aux rebelles syriens qui attendent les livraisons d'armes légères qui ont été bloquées à Washington.
Le Congrès a bloqué pour l’instant toute livraison officielle d’armes américaines. Pour amener certains leaders parlementaires à changer d’opinion, la guerre en Syrie doit maintenant être redéfinie. Sur la partie gauche de la scène, voici venir maintenant le «rebelle modéré.» Au lieu de demander des armes pour combattre le «dictateur sanguinaire », le «rebelle modéré» demandera désormais des armes pour combattre les «dangereux terroristes » qui ont été ses partenaires depuis le début.

Nous lisons en effet maintenant que les Talibans pakistanais montent une succursale en Syrie et on peut voir certains insurgés lever un gigantesque “drapeau Taliban” blanc à la frontière syro-turque. Soudain, nous avons de plus en plus d’informations sur les conflits entre les insurgés «modérés» et les «terroristes» :
Kamal Hamami, le commandant de l'Armée Syrienne Libre tués jeudi dans la province côtière de Lattaquié, sortait juste d’une réunion avec d’autres membres de l’organisation sur l’approvisionnement en armes.
...
La semaine dernière, des membres de l'Etat Islamique ont été accusés d'avoir décapité deux combattants de l'Armée Syrienne Libre et d’avoir laissé leurs têtes coupées à côté d'une poubelle dans un square de Dana, une ville tenue par les rebelles dans la province d'Idlib près de la frontière turque. Une attaque qui était intervenue après des affrontements qui avaient éclaté lors d'une manifestation contre l'Etat islamique, causant  la mort de 13 personnes.
Récemment, un combattant de la région, Abou al-Haytham,a affirmé que la dispute entre rebelles a commencé quant un combattant étranger membre de l’Etat Islamique a violé un garçon – « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase» dit-il – et les officiers de l’Armée Syrienne Libre s’étaient plaints.
Au moins quelques unes de ces histoires sont fausses. Mais elles vont servir pour une nouvelle poussée en vue d’armer les insurgés «modérés.»
Mais on a quelques raisons de douter que quelques affrontements localisés entre quelques factions motivées par le pillage témoignent d’une fracture importante entre les diverses organisations d’insurgés :
En dépit de frictions plus nombreuses, les factions modérées et les groupes djihadistes continuent à se coordonner sur le terrain, observe Charles Lister, analyste au IHS Jane’s Terrorism and Insurgency Center. Il  affirme que cela ne va sans doute pas changer même si l’ASL peut exploiter l’assassinat pour en tirer un bénéfice politique.
“Les forces modérées pourraient s’en servir de sorte à montrer à l’occident qu’elles sont disposées à rompre les relations avec les djihadistes afin d’obtenir plus d’aide occidentale,” dit-il.  «La réalité est très différente pour les officiers sur le terrain.»
Ces groupes travaillent ensemble depuis le début de l’insurrection.  Si les Syriens étaient en majorité plus modérés au début, il y avait quand même des extrémistes religieux qui baptisaient leurs bataillons du nom de guerriers sunnites historiques. Leurs différences avec les djihadistes étrangers qui combattent en Syrie sont moindres qu’avec la population syrienne en général. Le type tristement célèbre qui a été filmé en train de manger le poumon d’un soldat Syrien mort ? Un combattant local «modéré » de l’Armée Syrienne Libre. Est-il supposé recevoir plus d’armes parce qu’il affronte aussi d’autres djihadistes par rapport à sa part du butin ?

Laisser entendre qu’il y a les «bons» insurgés «modérés » est un procédé cousu de fil blanc. S’il existe  des différences idéologiques entre les diverses organisations, elles sont de l’ordre de la nuance. Par ailleurs, tout renforcement de l’armement de n’importe quel groupe d’insurgés donnera lieu à un renforcement de l’armement du régime et ne fera que coûter plus de vies et plus de sang. 

mercredi 3 juillet 2013

Hosni Moubarak et Mohamed Morsi: la continuité jusque dans la rupture

Le président égyptien Mohamed Morsi vient d’être renversé par un coup d’état militaire avec, dit-on, le soutien populaire.
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Mohamed Morsi
Il est certes vrai que les rues des villes égyptiennes sont depuis plusieurs jours le lieu de manifestations imposantes pour exiger le départ de M. Morsi, l’armée ayant été publiquement appelée à intervenir par les manifestants.
Il y a là bien sûr des manipulations évidentes de la part de ceux qui, dans l’armée, souhaitaient mettre un terme au mandat présidentiel.
Il y a aussi  une insatisfaction évidente de larges couches de la société mécontentes de la situation sociale et économique, mais aussi des penchants sectaires du gouvernement des Frères Musulmans. Parmi ces mécontents, il faut évidemment compter la masse des Coptes, ces chrétiens autochtones qui tendent à se sentir mis à l’écart de la vie publique et visés par des discours d’exclusion. Les affirmations de la fraternité islamo-chrétienne ou tout simplement égyptienne ont de fait été nombreuses ces derniers jours.
Il faut cependant reconnaître que le gouvernement de Mohamed Morsi n’est en rien l’initiateur de cette approche de cette minorité religieuse. Sur ce point comme sur d’autres, le gouvernement des Frères Musulmans est dans la continuité du régime précédent.
Cette continuité s’observe par exemple dans son attitude vis-à-vis de la bande de Gaza. En effet, alors que tout le monde s’attendait, y compris une bonne partie de son électorat, à ce que l’Egypte cesse de collaborer avec le régime sioniste au siège de Gaza, il n’en a rien été. Au contraire, puisque les autorités égyptiennes ont déployé un zèle sans précédent pour neutraliser les fameux tunnels qui relient Gaza à l’Egypte et servent à acheminer toutes sortes de marchandises.
De la même manière, le gouvernement de la confrérie a accepté de respecter les accords de paix qui lient l’Egypte à l’entité sioniste, une condition sine qua non pour que l’armée égyptienne continue à recevoir l’importante aide financière des Etats Unis.
Cette continuité du pouvoir des Frères Musulmans avec l’ancien régime se repère même dans les convulsions qui ont finalement abouti à la destitution de Mohamed Morsi.
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février 2011: le général Omar Souleiman annonce la démission de Hosni Moubarak
Cette continuité est parfaitement explicitée dans l’article que je vous propose.
On observera quand même que, à la différence de Hosni Moubarak, Mohamed Morsi tirait son pouvoir d’élections qu’il a remportées régulièrement. Même si cette élection s’inscrivait dans une démarche des USA et de l’armée égyptienne visant à mettre fin à un processus révolutionnaire qui aurait pu réserver bien des surprises.
C’est ce processus révolutionnaire qui a repris ces jours-ci et que l’armée a enfourché pour profiter d’une opportunité de se débarrasser d’un Mohamed Morsi qui n’a décidément pas su tenir la baraque. 
par Dan Murphy, The Christian Science Monitor (USA) 3 juillet 2013  traduit de l’anglais par Djazaïri
Au milieu de manifestations sans précédent qui ont commencé depuis trois jours, le président égyptien Hosni Moubarak a prononcé un discours provocateur  qui accusait des mains de l’étranger qui cherchent à semer le chaos dans le pays et à saper ce qu'il considère être sa propre légitimité en tant que leader.
Cet appel en forme de fin de non recevoir avait exaspéré les manifestants et avait, on le comprend avec le recul, ruiné le mince espoir qu’il avait à cette étape de se maintenir au pouvoir. Comme la contestation s’accentuait, les Etats Unis avaient pris lentement leurs distances avec M. Moubarak. Le 27 janvier, le vice président Joe Biden soulignait que Moubarak n’était pas un dictateur et qu’il devait rester au pouvoir. Deux jours avant, le 25 janvier, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton déclarait que l’Egypte et son gouvernement étaient «stables.»
Mais après le discours de Moubarak, les Etats-Unis  adoptèrent un ton nouveau. PJ Crowley , le porte parole du Département d'Etat à l’époque, écrivait sur Twitter le lendemain :  «Le gouvernement égyptien ne peut pas se contenter de reprendre les cartes puis rester sur son quant-à-soi. Les paroles par lesquelles le président Moubarak s'engage à réformer doivent être suivie par des actes."
Le 30 janvier, Mme Clinton déclarait:
"Nous avons dit très clairement que les mesures concrètes de réforme démocratique et économique que le président Moubarak a évoquées dans son discours doivent être mises en oeuvre ... il faut qu’un engagement soit pris par quiconque est au pouvoir de lancer dans un dialogue national avec le peuple d'Egypte, dans le but de prendre des mesures qui répondent aux revendications légitimes du peuple égyptien pour une plus grande participation ... c'est un moment très grave pour l'Egypte, et nous allons faire tout ce que nous pouvons pour soutenir une transition ordonnée. "
Puis, le 10 février, Moubarak a prononcé un autre discours provocateur, exaspérant à nouveau les manifestants. Les États-Unis se plaignirent que Moubarak n'avait pas fait de démarches concrètes de «réformes». Le 11 février, il  démissionnait.
Hier, le président égyptien Mohamed Morsi a prononcé un discours dans lequel il a rejeté la masse de manifestants comme étant manipulée par des mains étrangères qui cherchent à semer le chaos en Egypte, et il a fait référence à plusieurs reprises à ce qu'il considère comme étant sa légitimité en tant que leader de l'Egypte. Ses propos ont provoqué la fureur manifestants, qui continuent à être très nombreux à battre le pavé au Caire et dans d'autres villes.
Aujourd'hui, la porte-parole du département d'Etat Jen Psaki a dit: 
«Nous pensons qu'il y avait une absence de mesures spécifiques significatives dans la déclaration de Morsi. Il doit faire plus pour être vraiment réceptif aux préoccupations du peuple égyptien .... Nous sommes au côté du  peuple égyptien. Nous avons été en contact avec toutes les parties -.avec  l'opposition, avec le gouvernement, avec l'armée -. et nous allons continuer à l’être. Mais pour apaiser les  inquiétudes ou éviter les suppositions, nous ne sommes pas [parties prenantes] - nous n'avons pas pris parti. [Washington s'est abstenu de critiquer l'armée égyptienne après la destitution de M. Morsi, NdT]
Cela vous rappelle quelque chose?

mardi 2 juillet 2013

L'islamophobie, bien commun de la "république" (sur la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen)

Dans une vie politique française qui est marquée par une relative indifférenciation des idées chez les partis "institutionnels" de droite comme de gauche, il semble impossible d'engager un véritable débat.
Là où on aurait pu imaginer qu'un débat devait avoir lieu comme dans le projet de loi sur le mariage des homosexuels, cela a été impossible puisque ceux qui étaient opposés à ce mariage ont été ravalés au rang d'obscurantistes.
Pour satisfaire aux aspirations d'une coterie ultra minoritaire mais présente aux bons niveaux dans la société et dans l'appareil d'Etat.
De fait, il n'y a pas grand chose à débattre en dehors de la meilleure manière de casser du sucre sur les musulmans.
Parce que ce qu'on appelle islamophobie fait maintenant partie du bien commun de la société française. Et si le Front national est très en verve en matière de discours islamophobe, l'UMP lui dispute quand même le maillot jaune sur ce point tandis que les socialistes font appel à leur vieux fonds anti-islam.
Plus modérés apparemment dans leur propos, ils n'ont cependant jamais renâclé quand il s'agissait de "casser du fell"en Algérie, de l'Egyptien comme en 1956 et ils se sont inscrits dans le droit fil des positions de l'UMP sur la Libye et la Syrie.
En matière de politique intérieure française, la une des journaux en ce moment porte sur la levée de l'immunité de Marine Le Pen par le parlement européen pour ses propos sur les prières de rue qu'elle avait comparées à une "occupation."
Cette levée a été votée à la demande du parquet de Lyon qui
"veut l'entendre dans le cadre d'une enquête pour incitation à la haine raciale".
La présidente du Front national, députée européenne, est visée par une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) relative à ses propos du 10 décembre 2010 établissant un parallèle entre les prières des musulmans dans la rue en France et l'Occupation.
Ce jour-là, Marine Le Pen avait évoqué en ces termes certaines prières musulmanes en public :
"Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler pour le coup. C'est une occupation de pans de territoire. Certes, il n'y a pas de blindés, il n'y a pas de soldats, mais elle pèse sur les habitants."
Mme Le Pen est donc visée par une plainte du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP).
Mme Le Pen comprend cette procédure comme une tentative de l'abattre à tout prix.
Je ne suis pas loin de souscrire à ce point de vue pour la simple raison que ses prises de position n'ont en rien été en décalage de ce qu'on a pu observer au moment des faits et depuis lors dans le comportement d'éminents cadres politiques au pouvoir ou dans l'opposition.
On se rappellera par exemple que Hervé Hamon, à l'époque porte-parole du Parti Socialiste avait de son côté appelé à "libérer" l'espace public.
Hervé Hamon n'a fait l'objet d'aucune plainte, pas plus que M jean-François Copé avec sa scabreuse histoire de pains au chocolat confisqués aux petits Goyim par leurs camarades musulmans en période de jeûne de Ramadan.
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Et que dire de la LICRA qui dans sa déclaration de condamnation (!) des propos de Mme Le Pen constatait que
il est vrai que certains de nos concitoyens musulmans annexent la voie publique

Bien sûr il y a le contexte de ce segment de phrase, (comme dans les propos initiaux de Marine Le Pen) mais le verbe annexer est bel et bien employé.
Les musulmans annexent la voie publique comme l'entité sioniste annexe le plateau du Golan ou Jérusalem?
Quoi qu'il en soit, Mme Le Pen se voit donner une occasion en or de passer pour l'irréductible gauloise confrontée aux assauts d'une classe politique qui n'a rien d'autre à proposer qu'une adaptation du double carcan confectionné à Bruxelles et à Washington. 
Pour finir, on rappellera que l'église catholique organise de nombreuses processions sur la voie publique un peu partout à l'occasion de diverses fêtes religieuses.
Une des processions les plus imposantes est celle de la fête dite des Lumières le 8 décembre à Lyon qui mobilise des dizaines voire des centaines de milliers de marcheurs  [de toutes confessions même si les chrétiens sont bien entendu l'immense majorité] pour une montée aux flambeaux vers la basilique de Fourvière.
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Lyon, le 8 décembre 2011: une des cinq processions était celle des intégristes de la fraternité Saint Pie X
On m'objectera que cette fête n'a plus de caractère religieux.
Je répondrai: posez la question au Diocèse de Lyon et aux nombreux chrétiens pratiquants de la capitale des Gaules.
On m'objectera aussi que la France est un pays de tradition catholique.
Je répondrai: certes, mais la république est laïque et c'est paraît-il au nom de cette laïcité que Jean-François Copé défend les pains au chocolat contre l'islamisation rampante et que Marine Le Pen prétend libérer les rues de Paris.


lundi 1 juillet 2013

Relance de l'enquête sur l'attentat contre l'Association Mutuelle Israélite Argentine en 1994: un ancien ministre (juif nous dit la presse sioniste) impliqué

L’affaire de l’attentat meurtrier  contre l’Association Mutuelle Israélite Argentine perpétré en 1994 a récemment refait surface en France suite à l’élection présidentielle iranienne.
En effet, Hassan Rohani, le successeur de Mahmoud Ahmadinejad à la tête de l’Iran a beau avoir une réputation de modéré en comparaison de son impétueux prédécesseur, il n’en reste pas moins accusé par les organisations juives et sionistes d’être un des instigateurs de cet attentat.
Des accusations à ce propos ont en effet surgi sous forme d’un dossier dans une feuille de chou néoconservatrice américaine avant d’être reprises comme il se doit par le reste des médias sionistes, dans l’entité sioniste par le Yediot Aharonot ou en France par le site du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF).
Ce blog a consacré quelques articles au sujet de l’attentat contre l’AMIA, un crime que le gouvernement iranien n’avait aucun intérêt à commettre ou à ourdir puisque une de ses conséquences fut un coup d’arrêt à des relations diplomatiques et commerciales en plein développement.
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Les locaux de l'AMIA après l'attentat de 1994
Après des années d’enquêtes bâclées et orientées qui ont servi de base à des poursuites judiciaires contre de hauts responsables iraniens, comme le ministre de la défense Ahmad Vahidi ou l’ancien président Hachemi Rafsanjani, le gouvernement de Mme Kirchner semble décidé à remettre l’enquête sur de bons rails et s’est assuré de la coopération de la république islamique d’Iran.
Cette réorientation de l’approche de l’affaire avait donné lieu à des propos acerbes tenus par Hector Timerman, le chef de la diplomatie argentine et par la présidente à l’égard de certains dirigeants de la communauté juive argentine.
Après les paroles, c’est maintenant le temps des actes puisque la justice argentine vient de décider le lancement d’une enquête sur les agissements du ministre de l’intérieur de l'époque, un Juif nous dit le Jerusalem Post, qui aurait soudoyé un témoin capital.
Cette information n’est pas reprise par la grande presse occidentale, pas plus aux Etats Unis qu’en France.
Or l’attentat contre l’AMIA est un des crimes brandis pour démontrer que l’Iran est un Etat terroriste qu’il faut étrangler économiquement avant de l’attaquer militairement pour satisfaire les exigences de la clique de cinglés qui gouverne à Tel Aviv.
Notez que le titre du Jerusalem Post parle d'un "officiel" et pas d'un ministre et d'un attentat sans préciser qu'il s'agit de celui contre l'AMIA!

Un ex officiel juif du gouvernement argentin va faire l’objet d’une enquête concernant un attentat

par JTA, Jerusalem Post (entité sioniste) 1er juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
BUENOS AIRES, Argentine  - L’ex ministre de l’intérieur juif de l’Argentine va faire l’o’bjet dd’une enquête pour ses liens avec l’attentat contre l’Association Mutuelle Israélite (AMIA)
La cour d’appel fédérale de Buenos Aires a ordonné la semaine dernière une enquête sur Carlos Vladimir Corach en relation avec le versement illégal de 400 000 dollars à Carlos Telleldin, un mécanicien auto qui figurait parmi les accusés pour l’attentat de 1994 qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés.
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Carlos Vladimir Corach
Telleldin, qui aurait été le fournisseur du véhicule piégé qui avait fait sauter le centre communautaire juif n’a pas été inculpé.
Les trois juges de la cour d’appel ont appelé le juge fédéral Ariel Lijo à enquêter sur «l’existence d’allégations concrètes impliquant Carlos Vladimir Corach qui n’ont pas fait l’objet d’investigations jusqu’à présent » au sujet de payements illégaux à Telleldin.
Corach était ministre de l’intérieur du gouvernement de Carlos Menem dans les années 1990. Il a été le responsable de l’acquisition du bâtiment dédié au musée de l’holocauste à Buenos Aires et avait été le principal orateur lors de son inauguration.

Syrie: information de terrain et terrain de propagande

Je vous livre ce papier de Patrick Cockburn à peu près tel quel. Cockburn attire notre attention sur l’information propagande en Syrie d’où qu’elle vienne, même s’il observe qu’à ce jeu les « rebelles » sont bien plus compétents que le pouvoir en place et bénéficient d’oreilles pour le moins complaisantes dans les médias occidentaux.
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Patrick Cockburn est un journaliste irlandais
Ce n’est pas que je n’aimerais pas commenter un peu plus cet article, mais je suis crevé du fait de mes activités professionnelles très denses en ce moment. J’ai d’ailleurs renoncé à traduire les quelques vers de Milton en fin d’article (traduire de la poésie est un exercice d'une difficulté redoutable). 

La représentation du conflit par les medias internationaux est dangereusement imprécise

Regard sur le monde: Il est naïf de ne pas admettre que les deux parties sont capables de manipuler les faits pour servir leurs propres intérêts
Par Patrick Cockburn, The Independent (UK) 30 juin 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Chaque fois que je viens en Syrie, je suis frappé par la façon dont la situation sur le terrain diffère de la façon dont elle est dépeinte à l’étranger.  Les informations sur le conflit syrien  données par les médias étrangers sont certainement aussi inexactes et trompeuses que tout ce que nous avons vu depuis le début de la Première Guerre mondiale. Je suis incapable de penser à une autre guerre ou  une autre crise parmi celles que j’ai couvertes  dans laquelle des sources propagandistes, tendancieuses ou de seconde main ont été aussi facilement acceptées par les journalistes comme attestant de faits objectifs.
Une conséquence de ces distorsions est que les politiciens comme le consommateur ordinaire de journaux  et d’informations télévisées  n'ont jamais eu  ces deux dernières années une idée claire de ce qui se passe à l'intérieur de la Syrie. Pire encore, des plans à long terme sont basés sur ces idées fausses. Un rapport sur la Syrie publié la semaine dernière par l'International Crisis Group basé à Bruxelles, affirme que «une fois confiant en une victoire rapide, les alliés étrangers de l'opposition sont allés vers un paradigme dangereusement déconnecté de la réalité". 
Les slogans remplacent la politique: les rebelles sont représentés comme les gentils et les partisans du gouvernement comme les méchants ; si on lui donne plus d'armes, l'opposition peut soi-disant remporter une victoire décisive; soumis à une pression suffisante militaire, le président Bachar al-Assad acceptera  des négociations pour lesquelles une  des conditions préalables est la du régime. Un des nombreux inconvénients de la rhétorique diabolisatrice à laquelle se sont adonnés  Susan Rice, nouvellement nommée conseillère à la sécurité nationale des USA, et William Hague, c'est qu'elle interdit des négociations sérieuses et un compromis avec le pouvoir en place à Damas. Et comme Assad contrôle la plus grande partie de la Syrie, Rice et Hague ont mis au point la recette pour une guerre sans fin tout en arguant de leur souci humanitaire pour la population syrienne.
Il est difficile de prouver la véracité ou la fausseté de toute généralisation sur la Syrie. Mais m’appuyant sur mon expérience de ce mois-ci , à voyager dans le centre de la Syrie entre Damas, Homs et la côte méditerranéenne, il est possible de montrer à quel point les informations dans les médias s’écartent nettement de la réalité sur le terrain. Ce n'est que par la compréhension et la prise en compte de l'équilibre réel des forces sur le terrain qu’on pourra arriver à un progrès quelconque vers une cessation de la violence.
Le mardi je suis allé à Tal Kalakh, une ville de 55.000 âmes, juste au nord de la frontière avec le Liban, qui était un bastion de l'opposition. Trois jours auparavant, les troupes gouvernementales ont repris la ville et 39 chefs de  l'Armée Syrienne Libre dirigeants (ASL) avaient déposé les armes. Après avoir parlé avec des officiers de  armée syrienne, avec un transfuge de l’ASL et avec des habitants de la ville, il semblait évident qu'il n’y avait pas eu de passage instantané de la guerre à la paix [dans la ville]. C'était plutôt qu'il y avait eu une série de trêves et de cessez le feu arrangés par des notables de Tal Kalakh tout au long de l'année précédente.
Mais au moment même où je me trouvais dans la ville, Al Jazeera arabophone relatait des combats sur place entre l’armée syrienne et l’opposition. De la fumée était supposée s’élever au-dessus de Tal Kalakh comme les rebelles combattaient pour défendre leur place forte. Heureusement, cela apparaissait comme l’œuvre de l’imagination et, pendant les quelques heures que j’ai passées dans la ville, il n’y a pas eu de tirs, aucun signe que des combats avaient eu lieu et pas de fumée.
Bien sûr, toutes les parties dans une guerre prétendent qu'aucune position n’est perdue sans une défense héroïque contre un ennemi à la supériorité numérique écrasante. Mais un fait important a été occulté dans les comptes rendus dans les médias de ce qui s'est passé à Tal Kalakh: l'opposition en Syrie est fluide dans ses allégeances. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les 11 membres des soi-disant «Amis de la Syrie", qui se sont réunis à Doha la semaine dernière, veulent armer les rebelles qui ne sont pas des fondamentalistes islamiques, mais l’écart n’est pas si grand entre ces derniers et ceux qui ne sont pas liés à al-Qaïda. Un combattant du Front al-Nosra  affilié a al Qaïda a expliqué avoir fait défection pour un groupe plus modéré parce qu'il ne pouvait pas combattre sans cigarettes. Les fondamentalistes paient plus et, compte tenu de l’extrême paupérisation de nombreuses familles syriennes, les rebelles seront toujours en mesure faire de nouvelles recrues. "L’argent a une part plus importante que l'idéologie», m’a dit un diplomate en poste à Damas.
Alors que j’étais à Homs, j’ai eu un exemple de la raison pour laquelle la version des événements par les rebelles est si souvent acceptée par les médias étrangers de préférence à celle du gouvernement syrien. Elle est peut-être biaisée en faveur des rebelles ; mais souvent il n’y a aucune version gouvernementale des événements, ce qui laisse un vide comblé par les rebelles. Par exemple, j’ai demandé à aller dans un hôpital militaire dans le quartier al-Waar de Homs et j’en ai obtenu la permission, sauf que quand je me suis rendu sur place, on m’a refusé l’entrée. Pourtant, des soldats blessés au combat contre les rebelles seraient probablement  des défenseurs éloquents et convaincants du camp gouvernemental (j’avais visité un hôpital militaire à Damas où j’avais pu parler avec des soldats blessés). Mais l’obsession du gouvernement pour le secret signifie que l’opposition aura toujours une longueur d’avance quand il s’agit de faire un plaidoyer convaincant.
Retour dans le quartier chrétien de la vieille ville de Damas, où je suis installé, il ya eu une explosion près de mon hôtel jeudi. Je suis allé sur les lieux et ce qui s'est passé ensuite montre que rien ne peut remplacer la déclaration d'un témoin oculaire impartial. La télévision d'Etat prétendait que c'était un attentat-suicide, visant peut-être  l'Eglise orthodoxe grecque ou un hôpital chiite qui est encore plus proche. Quatre personnes avaient été tuées.
Je pouvais voir une petite indentation dans le trottoir qui m’avait paru très semblable à l’impact d’un obus de mortier. Il y a avait un peu de sang à proximité immédiate, quoique à environ une dizaine de mètres de l’impact. Alors que j’étais en train de regarder dans les parages, un second obus de mortier s’est abattu sur le toit d’une maison, tuant une femme.
L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), si souvent cité comme source par les journalistes étrangers, dira par la suite que ses propres investigations montraient que l’explosion avait été causée par une bombe laissée dans la rue.  En fait, pour une fois, il était possible de savoir avec certitude ce qui s’était passé, parce que l’hôpital chiite a une caméra de surveillance qui montre l’obus de mortier quelques fractions de secondes dans les airs juste avant de toucher le sol, puis la chemise blanche d’un passant qui a été tué par l’explosion. Ce qui venait de se produire était probablement un de ces habituels  bombardements  de mortier faits au hasard par les rebelles dans le quartier proche de Jobar.
Au milieu d’une guerre civile féroce, l’idée des journalistes selon laquelle l’une ou l’autre des parties au conflit, gouvernement ou rebelles, ne va pas  concocter ou manipuler des faites relève d’une crédulité intéressée. Pourtant, une bonne partie de la couverture de presse étrangère se fonde sur une telle hypothèse. 
Le plan de la CIA et des Amis de la Syrie pour chercher en quelque sorte la fin de la guerre en augmentant la fourniture d’armes est également absurde. La guerre n’amènera que plus de guerre encore. Le sonner de John Milton, écrit pendant la guerre civile anglaise de 1648 en hommage au général parlementariste Sir Thomas Fairfax qui venait juste de s’emparer de Colchester, montre une plus profonde compréhension de ce à quoi ressemblent les guerres civiles que n’importe quoi qui a pu être dit par David Cameron ou William Hague. Il écrivait :
For what can war but endless war still breed?
Till truth and right from violence be freed,
And public faith clear'd from the shameful brand
Of public fraud. In vain doth valour bleed
While avarice and rapine share the land.